Suite à l’affaire des faux steaks hachés, l’État a renforcé ses actions pour lutter contre la fraude. Des contrôles complémentaires ont révélé des anomalies dans des escalopes de poulet. Crédit : Adobe Stock.

Qualité

Aide alimentaire : l’État intensifie les contrôles

16 septembre 2019 - Marjolaine Cérou

Suite à l’affaire des faux steaks hachés, l’État a renforcé ses actions pour lutter contre la fraude. Des contrôles complémentaires ont révélé des anomalies dans des escalopes de poulet.

Après la révélation de la fraude sur la composition des steaks hachés en juin dernier, les services de l’État ont intensifié les contrôles pour garantir la qualité et la conformité des produits distribués à l’aide alimentaire. L’objectif de ce plan d’actions est de s’assurer de la bonne exécution des marchés publics passés dans le cadre du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) et de détecter toute fraude éventuelle.

Un ajout d'eau suspecté dans des escalopes de poulet

Suite à une analyse de risques, des investigations complémentaires ont été menées sur des échantillons de lasagnes au saumon et des escalopes de produits surgelés. Le contrôle sur les lasagnes au saumon a permis de s’assurer du respect du cahier des charges par le fabricant. En revanche, selon les analyses réalisées par la DGCCRF, une teneur en eau supérieure à la norme autorisée a été décelée dans des escalopes de poulet fabriquées au Danemark. « C’est l’indice d’un possible ajout d’eau dans les denrées », estiment les autorités. Les autocontrôles menés par l’entreprise et par FranceAgriMer attestent quant à eux de la conformité des produits aux exigences sanitaires. Une enquête est en cours auprès du fournisseur et les autorités danoises ont été informées de ces « anomalies ». « Ces investigations doivent déterminer s’il s’agit d’une éventuelle tromperie », commente la DGCCRF. Pour l’année 2018, 3,5 millions d'euros ont été alloués à l’achat d’escalopes de poulet surgelés dans le cadre de l’aide alimentaire.

Une analyse de risques renforcée

Toujours dans le cadre de ce plan d’actions, des travaux ont été engagés entre la DGCCRF, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et FranceAgriMer pour renforcer l’analyse de risques et s’assurer que les fournisseurs accentuent leurs efforts sur les autocontrôles, et que ces résultats soient complétés par les contrôles des services de l’État. «Une piste d’amélioration est d’exiger que les autocontrôles de conformité soient transmis avant livraison. Il n’y a pour l’instant pas d’encadrement sur ce type de contrôles. C’est sur ce point qu’il faut travailler pour que les exigences soient aussi élevées que sur le plan de la qualité sanitaire », a déclaré lors de son audition au Sénat début juillet Christine Avelin, directrice générale de FranceAgriMer.


En juin dernier, l’affaire de tromperie sur les steaks hachés, qui implique deux entreprises françaises  (Voldis et SMP) et un fournisseur polonais (Biernacki), a révélé des failles dans les contrôles réalisés pour les produits destinés à l’aide aux plus démunis. Suite à l’audition au Sénat des différentes parties prenantes, les parlementaires ont pointé du doigt des défaillances dans les procédures de gestion du fonds européen d’aide aux plus démunis.
 

 

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

  • Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
  • Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
  • Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois