L’Agence nationale de sécurité des aliments vient d’évaluer son dispositif des contaminants chimiques. Elle propose de renforcer la surveillance de certaines substances aujourd’hui non réglementées. C'est le cas des alcaloïdes opioïdes dans les graines de pavot. Crédit : Adobe Stock.

Qualité

Contaminants chimiques : les nouvelles préconisations de l’Anses

6 janvier 2020 - Marjolaine Cérou

L’Agence nationale de sécurité des aliments vient d’évaluer son dispositif des contaminants chimiques. Elle propose de renforcer la surveillance de certaines substances aujourd’hui non réglementées.

L’exposition aux contaminants chimiques est suivie de près par l’Agence nationale de la sécurité sanitaire et de l’alimentation (Anses). Pour s’assurer de la pertinence des dispositifs de surveillance, l’Agence a été saisie en 2015 par la Direction générale de l’alimentation, la répression des fraudes et par la Direction générale de la santé.

Dans la majorité des cas (74,3%), la surveillance a été considérée comme pertinente. En revanche, les experts recommandent de la renforcer dans 16,8 % des cas. En particulier pour les métaux lourds (cadmium, mercure total et plomb), qui sont présents dans certains poissons et fruits de mer. Les experts font référence au mercure dans les poissons, la contamination la plus recensée dans les notifications du réseau d’alertes sanitaires européen RASFF. Les experts placent aussi sous vigilance les aflatoxines dans les légumineuses et les fruits à coque, ainsi que le composé néoformé acrylamide dans les snacks et desserts, céréales et produits céréaliers. Le maintien de la réglementation devra également être examiné dans 8,8 % des cas.

De nouveaux couples contaminants/produits à surveiller

L’Agence fait aussi le point sur les substances non réglementées : les recommandations vont dans le sens d’un allègement de la surveillance dans 66% des cas pour concentrer les efforts sur 26,1 % des couples substances/aliments non réglementés mais considérés comme préoccupants. L’Agence recommande de légiférer certains couples de substances chimiques et d’aliments, comme les dioxines, polychlorobiphényle (PCB) et les furanes dans les produits carnés, et plus spécifiquement dans la viande de lapin, de gibier et les abats. Elle appelle aussi à la vigilance vis-à-vis des phytotoxines (alcaloïdes opioïdes et pyrrolizidiniques) dans les légumineuses, fruits à coque et graines oléagineuses. Les experts ciblent plus précisément les graines de pavot. Les recommandations touchent aussi certains composés perfluorés, en particulier le sulfonate de perfluorooctane (PFOS) et l’acide perfluooctanoïque (PFOA) dans les viandes et produits carnés, poissons et fruits de mer, œufs et produits dérivés, laits et produits laitiers.

Pour arriver à ces conclusions, les experts ont mesuré les niveaux de contamination des denrées par couple substance chimique-aliment, de 2010 à 2014, dans les filières concernées et à différentes étapes de la chaîne alimentaire.
Ce bilan –disponible dans son intégralité ici - va servir de support au troisième volet des travaux de l’Anses portant sur la hiérarchisation des dangers alimentaires, en considérant simultanément les risques biologiques et chimiques.

 

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

  • Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
  • Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
  • Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois