Dans son dernier avis, l’Agence nationale de sécurité des aliments préconise de renforcer la surveillance des cyanobactéries, productrices de cyanotoxines dans les eaux de boissons. Elle actualise aussi ses recommandations pour la consommation de poissons d’eau douce. Crédit : Adobe Stock.

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Cyanobactéries : l’Anses actualise ses recommandations

7 septembre 2020 - Marjolaine Cérou

Dans son dernier avis, l’Agence nationale de sécurité des aliments préconise de renforcer la surveillance des cyanobactéries, productrices de cyanotoxines dans les eaux de boissons. Elle actualise aussi ses recommandations pour la consommation de poissons d’eau douce.


Retrouvées dans les milieux aquatiques et en particulier dans les eaux douces, les cyanobactéries sont des micro-organismes qui, lorsque les conditions environnementales leur sont optimales, peuvent proliférer et produire des cyanotoxines à l’origine d’intoxications. Saisie par la Direction générale de la santé, l’Anses vient de mettre à jour son avis sur la surveillance de ces bactéries dans les eaux de boisson.

Les experts de l’Anses préconisent ainsi de réduire les apports en nutriments dans les eaux pour protéger les écosystèmes des cyanobactéries. « Ces bactéries trouvent un terrain de prolifération particulièrement favorable dans les eaux douces enrichies par les apports anthropiques en azote et phosphore. [...] L’activité humaine, aussi bien urbaine que rurale, reste un contributeur majeur à leur développement », indiquent les experts. Ces derniers soulignent donc la nécessité de maîtriser et réduire les apports en azote et phosphore dans les eaux impactées par les activités humaines (effluents d’élevage, compost, boues de station de traitement des eaux usées, engrais épandus sur les sols, rejets d’eaux usées insuffisamment traités, etc.).

La certification de kits Elisa encouragée

L’Agence recommande également d’harmoniser les méthodes de surveillance et de suivi des eaux. « Au vu des données transmises par les autorités sanitaires locales, il apparaît que les pratiques actuelles sont hétérogènes sur le territoire français », souligne-t-elle. Ce qui pourrait passer par la mise en place de référentiels nationaux pilotés par une structure nationale regroupant plusieurs laboratoires compétents dans le domaine des cyanobactéries et cyanotoxines, dont ceux de l’Agence. « Ce qui permettrait de développer et de valider les protocoles d’échantillonnages d’une part, et les méthodes d’analyses des cyanotoxines d’autre part », indiquent les experts, qui rappellent que les résultats portant sur les cyanobactéries et les cyanotoxines doivent être rendus sous accréditation. L’Anses encourage ainsi la certification des kits ELISA sur la base d’un référentiel de validation tierce partie applicable au domaine de l’eau. Cette recommandation concerne également à la
recherche de cyanotoxines dans la chair de poissons

Des préconisations pour la consommation de poissons d’eau douce

En effet, l’Anses manque toujours de données pour évaluer l’exposition alimentaire des consommateurs aux cyanotoxines. « Le manque de connaissances persiste concernant les vitesses de contamination et d’élimination des cyanotoxines par les poissons ou encore le lien entre les efflorescences de cyanobactéries et le niveau de contamination des poissons », soulèvent les scientifiques.
Toutefois, l’Agence précise que, pour limiter l’exposition des consommateurs aux cyanotoxines, il est nécessaire d’étêter et d’éviscérer les poissons avant de les consommer ou de les congeler et de ne pas consommer entiers les petits poissons d’eau douce (en friture par exemple).

En France, 95 cas d’intoxication humaine par des cyanobactéries ont été recensés par les centres antipoison entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2018. La majorité de ces cas concerne la période 2016-2018 (13 cas en 2016, 12 cas en 2017 et 16 cas en 2018), pour la plupart en période estivale (juin, juillet et août). L’Anses estime que nombre est probablement très sous-estimé du fait d’un manque de connaissance de ce phénomène par le grand public.

Le rapport est à retrouver dans son intégralité ici.

 

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