Environnement

Epuration : Délifruits mise sur le bambou

27 septembre 2011 - Anne-Katell Mousset

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Depuis un an, 1500 m2 de terrain sont réservés à la pousse de bambous devant l’usine Délifruits (groupe Refresco) à Margès (26). Pour embellir ? Pas seulement, surtout pour épurer ! Cet espace végétalisé est en effet une éco-station d’épuration « Bambou-assainissement » développée par Phytorem, société créée en 2002, spécialisée dans cette technologie. Cette station, construite dans le cadre d’un programme de recherche européen est une première. Elle assure le traitement des effluents en une seule étape.

Un sous-sol étudié pour épurer.
La nouveauté essentielle de cette station réside dans le sous-sol. Les ingénieurs R&D de Phytorem ont cherché à travailler le paillage, qui consiste à travailler sur un sol apporté. Le but ? Diminuer la surface de bambous nécessaire mais également favoriser la pousse du bambou, l’écoulement des eaux et la croissance des microorganismes. « Le paillage est fabriqué selon la nature des effluents », indique Véronique Arfi directrice générale de Phytorem. Ainsi, pour l’unité implantée chez Délifruits, les ingénieurs ont imaginé une alternance de couches minérales microporeuses (notamment des roches volcaniques ayant une grande surface d’adsorption), et organiques (source de nutriments pour les microorganismes) sur 1m40 de profondeur (voir schéma). « Cette couche est essentielle, explique-t-elle, notamment pour que la station soit opérationnelle dès sa mise en service, sans attendre la pousse du bambou et notamment des rhizomes et du système racinaire complet». En effet, une fois la phase de croissance du bambou enclenché, ce rhizome, sorte de tapis sous-terrain de racines propres au bambou va se développer jusqu’à 50 cm sous le sol et assurera le rôle de certaines couches.

Pas de production de boues
Cette unité est en fait une station pilote construite dans le cadre d’un projet européen, afin de connaître le rendement de cette technologie en condition réelle. Les performances sont mesurées depuis maintenant un an. « Nous obtenons de très bonnes performances de l’ordre de 90% sans production de boues et sans apporter d’énergie », constate Véronique Arfi. Ainsi, en sortie de station (les eaux sont récupérées par un réseau de drains sous-terrain), les valeurs en DBO5 et DCO obtenues sont conformes aux normes de rejets dans le milieu naturel pour l’usine (inférieures à 125 mg/L pour la DCO). Reste à optimiser les résultats concernant les matières en suspension. « Pour le moment le seul pré-traitement est un dégrillage de 2 mm, nous pourrions envisager une opération plus fine avec une filtration à 1mm », indique-t-elle.

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