Qualité

Etats-Unis. Haro sur le jus d’orange

17 janvier 2012 - Anne-Katell Mousset

La menace d’une interdiction des importations de jus d’orange en provenance du Brésil aux Etats-Unis entraîne une explosion des cours. © barbo - Fotolia.com

De l’autre côté de l’Atlantique, le jus d’orange est au cœur d'une polémique depuis quelques jours. En cause un antifongique : le carbendazime, utilisé sur les arbres fruitiers notamment au Brésil pour lutter contre la maladie des tâches noires sur les orangers. Alors que cette molécule est interdite aux Etats-Unis, elle a été retrouvée, à l’état de traces, dans des jus d’orange sur le territoire américain. C’est d’ailleurs les industriels (Coca-Cola et Pepsico) qui ont alerté la FDA (Food and Drug Administration) de l'obtention de résultats positifs lors de contrôles internes.
Depuis l’alerte lancée le 28 décembre dernier, la FDA a rapidement annoncé que les doses détectées ne représentaient pas un danger pour la santé des consommateurs et qu'aucun retrait, ni rappel de produits n’était nécessaire.
Cependant, l’Agence a décidé la mise en place d’un plan de contrôle systématique afin de vérifier la présence éventuelle de carbendazime dans les importations de jus d’orange (en poudre, en concentré-congelé ou prêt à servir). Aux États-Unis la dose maximale autorisée est fixée à 10 ppb (parties par milliard). Au-dessus de cette limite, les chargements de jus d’orange seront refusés. Les importateurs auront alors 90 jours pour détruire le chargement ou l’exporter vers un autre pays.

Le cours du jus d’orange atteint des niveaux records

Dans sa dernière communication sur le sujet en date du 13 janvier dernier, la FDA a annoncé travailler sur 31 échantillons. 28 étaient toujours en cours d’analyse et 3 n’ont montré aucun niveau détectable de carbendazime. Ces résultats d’analyses, s’ils s’avèrent positifs pourraient signer l’interdiction des importations de jus d’orange en provenance du Brésil, premier producteur au monde. Si cette affaire n’a pour le moment aucune répercussion sanitaire, elle a, en revanche, un impact sur le cours de cette matière première. Celui-ci a augmenté de 11% depuis le début du mois de janvier, atteignant aujourd’hui près de 190 US cents par livre à la bourse de New York. C’est la crainte que les États-Unis interdisent les importations de jus d'orange du Brésil qui conduit à une telle augmentation, couplée à des conditions météorologiques difficiles dans une autre région importante en termes de production : la Floride.

Un antifongique également interdit en Europe

En Europe, le carbendazyme est également interdit sur les cultures et les producteurs de jus se veulent rassurants. Tout d’abord, comme le précise l’A.I.J.N (Association européenne des producteurs de jus de fruits), l’origine de la molécule dans les jus est, bien entendu, due à son utilisation en tant qu’antifongique sur les cultures dans certains pays, mais peut être également liée à la dégradation de thiophanate méthyl, qui est un composé autorisé dans l’Union européenne.En clair, la présence de carbendazyme sur les les fruits n'implique pas forcément l'utilisation d'un composé antifongique interdit. Enfin, la législation en vigueur autorise un niveau de résidu maximal de carbendazyme de 200 ppb, soit nettement supérieur au 10 ppb mesuré au Etats-Unis. La DJA pour ce composé est de 0,03 mg·kg. L’A.I.J.N rappelle également que les plans de contrôles déjà en place n’ont mis en évidence aucun problème autant sur les matières premières que sur les jus de fruits destinés à la consommation.

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