L'Agroalimentaire à l'heure du développement durable

6 avril 2009 - Anne-Katell Mousset

Cette année, plus de 4 000 manifestations ont été organisées sur le territoire à l'occasion de la semaine du développement durable.

Dernière journée de la septième édition de la semaine du développement durable. Elle a rassemblé cette année plus de 4 000 manifestations. Illustration des initiatives qui on rythmé ces sept jours avec deux réunions dédiées aux industries agroalimentaires à Guingamp et à Bordeaux.

« Se lancer dans le bilan carbone : comment faire ? »

« Il y a 15 ans, nous étions dans l’ère de la qualité. On entre maintenant dans celle du carbone !». Pour Olivier Messager du cabinet O2m, spécialisé en développement durable, les entreprises agroalimentaires doivent plus se soucier de leur démarche « carbone ». Il est intervenu lors du colloque « agroalimentaire et développement durable : comment marquer sa différence ? » organisé le 2 avril dernier par l’UCO Bretagne Nord et la technopole Anticipa à Guingamp. Il a présenté le Bilan Carbone et a donné des pistes de mises en œuvre. Cet outil, développé par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), permet de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre.
Des leviers d’actions pour les industriels. « Les résultats du Bilan Carbone permettent de connaître les meilleurs leviers pour agir avec efficacité, explique Olivier Messager. Par exemple, une entreprise qui voulait prioritairement remanier son fret s’est aperçu que les pertes de froid, qu’elle pensait négligeables, pesaient en fait très lourdement sur son bilan carbone ». Si le choix de ses intrants en fonction de leur taux d’émission en équivalent-carbone peu devenir un critère d’achat pour de nombreuses entreprises, le Bilan Carbone souffre encore d’incertitudes de mesures dues à un manque de données, notamment sur la filière fruits et légumes, et à la diversité des conditionnements. « Ces écarts peuvent aller jusqu’à 30% pour certaines matières premières » note Olivier Messager.
Réaliser son bilan carbone. Deux solutions existent pour les entreprises qui veulent réaliser leur Bilan Carbone : passer par un cabinet habilité ou former l’un de ses collaborateurs par l’Ademe (environ six mois). La formation d’un collaborateur en interne peut être une bonne solution, surtout dans le cas d’entreprise multisites. Une liste de cabinets conseil est également disponible sur le site Internet de l’Ademe. « Le bilan carbone n’est pas une finalité en soi, il faut l’intégrer dans sa stratégie, dans ses activités de recherche et développement, c’est un outil qui permet d’évoluer. Il faut donc communiquer sur l’amélioration du bilan par rapport à l’année précédente, indique Olivier Messager. Dans tous les cas, il faut rendre le travail participatif, afin d’obtenir les meilleurs résultats : les gens ont beaucoup d’idées de pistes de réduction ! »

La démarche « Destination Développement Durable » en Aquitaine

Le 2 avril a eu lieu en Aquitaine le colloque de clôture de l’action collective 3D « Destination Développement Durable » qui a réuni treize coopératives et entreprises agroalimentaires.
Produits respectueux de l'environnement. Lancée fin 2007 par la Fédération régionale des coopératives agricoles d’Aquitaine (FRCAA), l’ Association régionale de développement des industries alimentaires (Ardia) et l’Association française de normalisation (Afnor), cette opération visait à obtenir « des produits respectueux de l’environnement fabriqués par des entreprises responsables », résume Laurent Lévêque de la FRCAA. Après un diagnostic établi sur huit critères (notamment social, santé et sécurité au travail, qualité ou encore environnement), une restitution « à froid » des pratiques constatées a été réalisée par les auditeurs. Elle a permi de définir un plan de progrès adapté à chacune des entreprises. Le site Internet www. generations3d.com récapitule les meilleures pratiques mises en place chez les acteurs du projet d’échange.
Extension au niveau national. La méthode, qui permet d’anticiper la parution de la norme ISO 26 000 concernant la responsabilité sociétale des entreprises (applicable dès 2011), a retenu l’attention au plan national du réseau des fédérations de Coop de France et des différentes associations régionales des industries alimentaires (Aria). La méthode « 3D » est à présent proposée à 75% des entreprises du territoire national, l’ambition des acteurs du projet étant de devenir « la plate-forme du développement durable pour l’agroalimentaire français ».

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