Qualité

L’Anses est défavorable à l’utilisation des protéines animales transformées

22 novembre 2011 - Anne-Katell Mousset

Depuis leur interdiction, les farines animales ont été substituées par des matières premières végétales et des éléments minéraux. Chez les porcs cette substitution n’a pas eu d’impact notable. Pour les volailles quelques difficultés zootechniques et sanitaires, essentiellement chez la dinde, auraient été observé.

Depuis l’interdiction des farines animales dans l’alimentation des animaux, porcs et volailles sont au régime végétarien. Saisie l’an dernier par la DGAL et la DGCCRF de la question de l’utilisation de protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation de certains animaux de rente, l’Anses vient d’émettre un avis défavorable.

En juillet 2010, la Commission européenne a publié une feuille de route concernant les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) pour la période 2010-2015. Son objectif : alléger certaines mesures de maîtrise du risque liées aux EST comme les modalités de surveillance, la liste de matériels à risques spécifiques, mais également l’interdiction de protéines animales transformés dans l’alimentation des animaux de rente.

Les PAT ne sont pas des « farines animales »

Les protéines animales transformées n’ont pas grand chose à voir avec les farines animales utilisées dans l’alimentation animale avant les années 2000. Les farines animales (farine de viande et d’os) étaient fabriquées à partir de sous-produits animaux, dont certains ont présenté des risques pour la santé des hommes et des animaux. Aujourd’hui, le terme est utilisé pour définir les sous-produits d’animaux de catégorie 1 (destinés exclusivement à l’incinération) et de catégorie 2 (utilisés comme matière fertilisantes non alimentaires). Les protéines animales transformées sont quant à elles issues exclusivement de sous-produits provenant d’animaux propres à la consommation humaine ( catégorie 3).

Dès lors, peut-on utiliser ces protéines dans l’alimentation animale ? Un avis de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) de 2009 a tenté d’évaluer le risque à travers une approche statistique. Selon le modèle utilisé, le nombre de cas d’ESB supplémentaires qui résulterait de l’utilisation des PAT serait inférieur à un par an en Europe. Mais pour l’Anses, cette évaluation basée sur une approche exclusivement statistique ne prend pas en compte pas tous les risques existants.

Des filières pas assez étanches

Si utilisation des PAT il y a, cela doit se faire, selon l’Anses, en respectant les barrières de transmission interspécifiques (barrière d’espèces). En clair, il s’agit d’utiliser des PAT de volailles pour l’alimentation des porcs, et des PAT de porcs pour l’alimentation des volailles. Dans cette logique, il est primordial de garantir la traçabilité de la fabrication des PAT.

En 2009 à cette même question de l’utilisation des PAT, l’Afssa (ancien nom de l’Anses), concluait que l’utilisation des PAT de volailles pour l’alimentation des porcs et vice-versa devait reposer sur une étanchéité des filières produisant et utilisant ces protéines, l’existence d’une méthode permettant de détecter et d’identifier l’espèce animale des protéines animales transformées et enfin avoir suffisamment de garantie sur les moyens de contrôles et de traçabilité des filières de productions animales. En 2009, ces conditions n’étaient pas réunies. Et aujourd’hui ? L’Agence note une amélioration, notamment une meilleure spécialisation des filières de production des protéines animales transformées. Mais l’étanchéité des filières de production et d’utilisation des PAT n’est pas encore attestée, et il n’existe aucun test de routine validé capable de détecter et d’identifier l’espèce animale d’origine des produits. Pour l’Anses, l’utilisation sécurisée des PAT n’est donc pas certifiée à l’heure actuelle.

Lire ici le rapport de l'Anses

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