Qualité

Laboratoire interne ou prestataire externe : un choix économique ?

Seule une étude au cas par cas permet d'évaluer la rentabilité effective entre le laboratoire interne et le prestataire

La guerre des prix livrée par les différents laboratoires prestataires a beaucoup fait baisser le prix des analyses, en particulier en microbiologie. Prix cassés, marges faibles mais aussi concentration de l’offre due aux fusions des petites structures au sein des plus grands groupes. En parallèle, le rythme des certifications Afnor Validation de nouvelles méthodes alternatives est soutenu, ce qui complexifie le choix d'un laboratoire, du fait de la spécificité de chaque méthode vis à vis de chaque matrice alimentaire. Du côté des laboratoires internes industriels, la question économique reste souvent mis en avant … Derrière elle, c’est aussi la flexibilité et la connaissance spécifique ‘produit’ que les responsables de laboratoires soulignent. Les laboratoires prestataires mettent quand à eux l’accent sur la notion de rapport service/prix et de tierce partie.

Question de coûts

Dans un article paru dans le numéro de mai 2008 de Process alimentaire, Gilbert Montourcy, responsable du laboratoire des Fromageries Occitanes (groupe 3A) affirmait que le coût de ses analyses était de 30 à 40% inférieur à celui d'un laboratoire sous-traitant. De leur côté, les laboratoires externes estiment que cette comparaison réalisée par analyse n'est pas significative. « Cette affirmation n’est pas fondée, souligne Albert Amgar, pdg d’Asept SAS (groupe Eurofins). Dans un laboratoire interne, nous pensons en effet que l’intégralité des coûts n’est pas prise en compte dans le prix annoncé. »

La comparaison par analyse semble de toute façon de plus en plus difficile à trancher tant le nombre de méthodes validées progresse et le facteur « volume traité » reste important dans la pratique par rapport aux prix affichés dans les catalogues. Les prestataires communiquent d’ailleurs peu sur les tarifs des analyses dont les fourchettes de négociabilité ne cessent de s’élargir. « Pour donner un ordre de grandeur, pour une recherche de Listeria, les prix communément pratiqués peuvent aller du simple au quadruple », confirme Albert Amgar.

Connaissance des produits

Dans les faits, c’est souvent la connaissance à l'avance des plannings de production et la mutualisation des différentes ressources nécessaires au fonctionnement du laboratoire interne (personnel, énergie, structures du site) qui permettent – au cas par cas – de juger ou non de la rentabilité économique d’une telle structure. La réduction du panel de méthodes utilisées peut aussi constituer un facteur important de gain économique. Les laboratoires internes accrédités ont d’ailleurs souvent volontairement réduit leurs portées d’accréditation pour couvrir leurs principaux besoins. « Il ne faut pas tirer de conclusions générales car il s’agit bien d’un compromis entre les produits analysés, le nombre d’analyses réalisées, la situation géographique du laboratoire dans l’usine et par rapport aux autres sites, indique Gilbert Montourcy. Je sais qu’il suffirait de quelques modifications indépendantes du laboratoire mais liées à l’entreprise pour modifier nos calculs de coûts. »

Coût logistique en forte hausse

D’autres facteurs extérieurs au laboratoire peuvent aussi modifier la donne. C’est par exemple le cas du coût de transport des échantillons. Cette réactivité permet aux laboratoires prestataires de maintenir des délais de résultats courts mais représente une contrainte supplémentaire étant donné les hausses record qu’atteint le prix du carburant. « Chaque jour, Silliker fait le tour du monde et le coût logistique d’acheminement des analyses jusqu’à nos laboratoires ne cesse d’augmenter, prévient Grégoire Kebabtchieff, responsable marketing France chez Silliker. Actuellement, il représente en moyenne 15% du prix de revient des analyses, devant les consommables à 12%. Les coûts de personnels et de formation restent le premier poste de dépense avec 58% du prix de revient. »

Tierce partie

La notion de tierce partie alimente aussi le débat de fond. « Le fait d’avoir un laboratoire interne n’est pas un fait économique mais bien le plus souvent dicté par une stratégie ou une volonté de la politique de l’entreprise de ne pas sous-traiter, pour ne pas diffuser - ou divulguer - des informations plus ou moins confidentielles sur ses produits, reprenant ainsi l’adage « pour vivre heureux vivons caché », indique Albert Amgar. « Dans les analyses microbiologiques, l’effet matrice reste aussi l’arbitre indiscutable surtout depuis l’extension du nombre de méthodes certifiées Afnor Validation, souligne de son côté Grégoire Kebabtchieff. La valeur ajoutée d’un laboratoire prestataire, c’est donc la possibilité de proposer un ensemble de méthodes d’analyses sur chaque matrice alimentaire et pour chaque germe. » Mais internaliser les tests dans l’usine de transformation peut aussi se révéler être d’un grand intérêt dans le cas des produits sensibles ultrafrais par exemple, comme les viandes hachées, pour lesquels les délais de consommation très courts demandent des résultats rapides.

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