Qualité

Les huîtres sont désormais testées par analyse chimique

5 janvier 2010 - Josselin Moreau

Une huitre ouverte . Symbole de la cuisine gastronomique française.

 

Depuis le 1er janvier 2010, le bio-essai dit « de la souris » est remplacé par un nouveau test chimique pour évaluer la qualité sanitaire des coquillages élevés en France. Cette méthode utilise la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (CL-SM/SM) pour la détection des familles de toxines lipophiles réglementées au niveau européen dans la directive 2002/225/CE (acide okadaïque, dinophysistoxines, yessotoxines, azaspiracides et pectenotoxines). Cette technique a reçu un avis communautaire national favorable pour devenir la nouvelle méthode de référence. « L’ouverture et la fermeture des bassins conchylicoles sera donc, dorénavant, décidée à partir des nouvelles méthodes chimiques (CL-SM/SM) établies a niveau communautaire », a précisé la semaine dernière le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche.

Réseau de surveillance identique

La mise en place de cette nouvelle méthode ne remet pas en cause les protocoles d’échantillonnages établis par le laboratoire Phycotoxines de l’Ifremer et le Laboratoire national de référence pour le contrôle des biotoxines marines de l’Afssa. L’ Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer a rappelé cet après-midi qu’il conservait la responsabilité des échantillonnages relatifs au réseau de surveillance phytoplanctonique (Rephy). « Les prélèvements de coquillages sont effectués par les huit laboratoires environnement & ressources (LER) aux fréquences habituelles, pendant les périodes à risque dans les zones à risque, pendant les périodes de pêche dans les zones de pêche, et sur les points de référence toxines lipophiles », précise l’Ifremer.
Comme les années précédentes, les analyses sont centralisées au laboratoire Phycotoxines basé à Nantes. Les résultats sont adressés tous les vendredis aux destinataires habituels (services de l'État et profession conchylicole) au travers d’un bulletin dans lequel les toxines sont regroupées par famille.

Toxines émergentes

Cette surveillance est complétée par un système de vigilance qui continuera quant à lui d’utiliser toute l’année le bio-essai sur souris, l’observation du phytoplancton et les résultats des la méthode CL-SM/SM. « Son objectif est d’assurer un suivi mensuel en vue de mettre en évidence d’éventuelles toxines lipophiles émergentes non encore répertoriées en France ou nouvelles. Par ailleurs, les résultats pour les autres familles de toxines hydrophiles (paralysantes et amnésiantes) ainsi que ceux relatifs au phytoplancton toxique sont fournis comme précédemment », souligne l’Ifremer.

Bio-essai décrié

Le test sur le souris était très contesté par les ostréiculteurs, en particulier sur le bassin d’Arcachon frappé l’été dernier par plusieurs interdictions de vente successives. Fin août 2009, les experts de l’Efsa s’étaient prononcé pour l’utilisation de méthodes alternatives au bio-essai sur souris, jugé pas assez « sensible pour détecter des toxines spécifiques ou pour déterminer si les taux de certaines toxines sont inférieurs ou égaux aux taux limites européens. ». Depuis, l’Afssa et l’Ifremer étaient jusqu’à présent en phase d’essais interlaboratoires pour vérifier la fiabilité du nouveau test chimique.

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