Qualité

Perturbateurs endocriniens : les produits au soja ciblés par l’UFC Que Choisir

27 mai 2019 - Marjolaine Cérou

L’UFC Que choisir dénonce des teneurs en isoflavones trop élevées dans les aliments à base de soja. Une étude remise en question par l’association des professionnels du soja Sojaxa. Crédit : Adobe Stock.

Les produits à base de soja, nouvelle cible de l’UFC Que Choisir ? L’Association de consommateurs a saisi l’Anses et la DGCCRF ce vendredi 24 mai, suite à la mise en évidence de « teneurs particulièrement élevées en phytoœstrogènes et en particulier des isoflavones, qui sont susceptibles d’être des perturbateurs endocriniens, dans des produits à base de soja ». Une thématique connue de longue date, qui a déjà fait l’objet d’études en termes de santé publique. Ce qui a conduit l’Anses à publier des recommandations dès 2005.

Dans son dernier numéro, l’Association de consommateurs a passé au crible 55 produits (allant des plats préparés, biscuits, desserts, boissons, apéritifs jusqu’aux sauces) pour calculer l’exposition par rapport aux valeurs tolérables définies en 2005. Les résultats pointent du doigt « jusqu’à 5 fois la dose maximale» en phytoœstrogènes. Une méthodologie contestée par l’association pour la promotion des aliments au soja Sojaxa. « Les travaux ne reposent pas sur les repères officiels définis par l'Anses », indique Gwénaële Joubrel, directrice scientifique de Sojaxa. Pour l’association professionnelle, l’étude de l’UFC Que choisir est en désaccord avec les recommandations de l’Anses et la réalité de la consommation. « Même si aujourd’hui plus de six Français sur dix ont déclaré avoir mangé des produits au soja, rares sont ceux dont cette consommation induirait un dépassement de l’apport quotidien en isoflavones indiqué par l’Anses », poursuit-elle. Enfin, Sojaxa déplore la non-mention des qualités nutritionnelles du soja (riche en protéines, faible apport en acides gras saturés et une majorité d’acides gras insaturés) et de l’équilibre alimentaire. « Il faut évaluer les produits au soja au sein d’une alimentation diversifiée », souligne la directrice scientifique.

Une réalité de la consommation pas prise en compte

Outre les recommandations de l’Anses de 2005, l’Efsa a publié en 2015 un avis dans lequel elle conclut à l’absence de nuisance des isoflavones sur la santé des femmes ménopausées (vis-à-vis du cancer du sein et de la thyroïde). En février dernier, Jean-Michel Lecerf a, de son côté, souligné que les isoflavones du soja devaient plutôt être considérées comme des modulateurs : « qualifier le soja de perturbateur endocrinien me semble tout à fait inapproprié », a-t-il déclaré.

« Les produits au soja, issus de l’agriculture française et garantis sans OGM que proposent nos membres, ont toute leur place dans le cadre d’une alimentation diversifiée et équilibrée. Ces produits, tels que nous les concevons, sont une opportunité pour répondre aux enjeux de santé individuels et collectifs actuels tout en étant respectueux de l’environnement. Ce sont ces valeurs et apports que nous souhaitons plus que jamais faire reconnaître et nous sommes, comme toujours, à la disposition de l’Anses si celle-ci décide d’actualiser ce dossier », déclare Olivier Clanchin, président de Sojaxa.

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