Générations Futures a publié une étude faisant état de la présence de pesticides dans les eaux de consommation. Si le risque est minime à court terme, des études de toxicité se concentrent sur l'exposition à long terme et sur les effets cocktails. Crédit : Adobe Stock.

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Pesticides dans les eaux : des molécules sous surveillance

22 juin 2020 - Marjolaine Cérou

Générations Futures a publié une étude faisant état de la présence de pesticides dans les eaux de consommation. Si le risque est minime à court terme, des études de toxicité se concentrent sur l'exposition à long terme et sur les effets cocktails.

La semaine dernière, Générations Futures a publié les résultats de son étude évaluant la présence de résidus de pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens dans les eaux destinées à la consommation. D’après l’association, ces substances représentent 56,8 % des résidus de pesticides. Tandis que les molécules cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques représentent 38,5 % des quantifications de résidus de pesticides.

« La présence de résidus de pesticides dans l’eau est liée à leurs propriétés physicochimiques : ce qui explique parfois la présence de traces des molécules lipophiles ou de leurs métabolites », commente Eric Capodanno, directeur scientifique des laboratoires Phytocontrol. Aujourd’hui, les analyses par chromatographie en phase liquide ou gazeuse peuvent aller jusqu’à détecter des teneurs allant de 1 à 10 ng/l. « A titre comparatif, ce sont des teneurs mille fois plus faibles que dans les aliments », observe-t-il. En clair, la dose de pesticides sera plus importante en croquant une pomme qu’en buvant un verre d’eau du robinet.
Générations Futures recense également la présence de certains pesticides interdits en France ou dans l’Union européenne, à l’instar du métolachlore ou de l’atrazine par exemple. « Ce sont des molécules rémanentes, ce qui explique pourquoi on peut en retrouver dans les sols longtemps après l’arrêt de leur utilisation. Pour l’insecticide chlordécone interdit aux Antilles par exemple, il est fort probable qu’on en trouve encore pendant quelques années », analyse-t-il.

Selon l'expert, les eaux de consommation sont aujourd’hui très surveillées. Et, à court terme, le risque reste minime. En sachant que les Agences régionales de santé (ARS) établissent des listes très complètes de molécules à analyser. « Les molécules sous vigilance sont légiférées par le règlement européen 396/2005. Aujourd’hui, les screenings peuvent aller jusqu’à 1000 molécules pour ces matrices », indique-t-il.

Les effets cocktails à la loupe

Pour les pesticides, ce sont toutefois les effets à long terme qui sont regardés dans le cadre des études toxicologiques. De nombreuses études se penchent aujourd’hui sur les effets cocktails. « Les premiers résultats montrant ces effets sont aujourd’hui disponibles et viennent régulièrement alimenter les publications scientifiques », commente Rémy Jean, chef de produit chimie chez Mérieux NutriSciences (lire Septembre 2018, p.114). Dans le cas des molécules qui seraient potentiellement des perturbateurs endocriniens, l’Anses se penche également sur ces questions dans le cadre de sa Stratégie nationale.

 

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