Qualité

Poulets chlorés. Les Etats-Unis durcissent le ton contre l’Europe

12 octobre 2009 - Josselin Moreau

Les Etats-Unis ont déposé plainte jeudi dernier contre l'Europe auprès de l'Organisation mondiale du commerce concernant l’interdiction d’importation en Europe des volailles américaines traitées au chlore. © A74.FR Ben Fontaine - Fotolia.com

C’était le statu-quo depuis le 16 janvier 2009, date à laquelle les États-Unis avaient annoncé qu’ils déposeraient une plainte pour mesure protectionniste devant l’Organisation mondiale du commerce à l’encontre de l’Union européenne. En cause, l'interdiction de l'UE d’importer et de commercialiser des volailles et des sous-produits de volailles ayant subi un traitement de décontamination au chlore. Jeudi dernier, le représentant du Commerce extérieur américain, Ron Kirk, a confirmé la demande des Etats-Unis auprès de l’OMC.

Mesure de prévention

Bruno Le Maire, ministre français de l’agriculture, de l’alimentation et de la pêche, a réagi dès vendredi matin depuis Washington, regrettant la décision des États-Unis. « La totalité des pays européens est opposée à l’introduction de ces poulets sur le marché européen. L’Europe privilégie une gestion intégrée de la sécurité sanitaire qui met l’accent sur la prévention et les mesures de maîtrise à tous les maillons de la chaîne alimentaire, plutôt que sur un assainissement en bout de chaîne, qui pallie les défauts de l’amont », a t-il précisé. En Europe, l’approche préventive a fait ses preuves avec une baisse de la prévalence de Salmonella dans les carcasses de volailles à 2,2% en 2006 contre 6,9% en 2004.

Modèle européen

L’Europe maintient un embargo sur l’importation de volailles traitées dans des solutions chlorées depuis 1997. Le 18 décembre 2008, les ministres européens de l’agriculture avaient même rejeté la proposition de la Commission européenne demandant la levée de l’embargo. Outre la raison sanitaire, les questions de sécurité d’emploi pour les opérateurs et d’impact environnemental sont au cœur de ce débat. Les effets négatifs potentiels de l’utilisation de différentes molécules biocides sont actuellement en cours d’évaluation dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne. « Avant d'envisager un éventuel recours à la décontamination, nous devons être assurés que les substances chimiques utilisées n’ont pas d’impact négatif sur la santé et l’environnement. Les derniers avis scientifiques montrent que ces garanties ne sont à ce jour pas suffisantes et le principe de précaution doit prévaloir », a rappelé Bruno Le Maire qui a ajouté : « Nous avons notre modèle sanitaire et alimentaire : le poulet chloré ne répond pas à ses exigences. »

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