Qualité

Salmonella Agona : ce qu'avait changé la crise de 2005

22 janvier 2018 - Marjolaine Cérou

 

Le ministre Stéphane Travert a annoncé de nouvelles mesures pour la filière lait en poudre. En 2005, l’épidémie de Salmonella Agona survenue dans l’usine Célia avait provoqué des changements des critères réglementaires. Crédit : Fotolia.

Mardi dernier, le ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, a annoncé un cadre juridique renforcé pour la filière lait. Parmi ces mesures, la mise en œuvre d’un plan de contrôle spécifique pour la filière des laits infantiles en poudre. Celui-ci oblige les entreprises à transmettre à l’État les résultats de contrôles défavorables, que ce soit sur les produits ou dans l'environnement, dès lors qu'ils peuvent avoir des « conséquences néfastes » sur la santé publique. Jusqu’à présent, les entreprises n’étaient pas tenues de communiquer à l’Etat les résultats des prélévements dans l’environnement des ateliers.

 

 

 

Ces nouvelles mesures, dont la mise en œuvre pose question, incitent à remonter en 2005, lors de la première contamination à Salmonella Agona sur le site de Craon (53). « Après cette crise, un rapport sur la contamination microbienne des poudres lactées destinés aux nourrissons et aux personnes âgées avait été publié suite à une saisine de l’Anses (Afssa à l’époque) », nous explique l’expert en sécurité et en hygiène des aliments Albert Amgar. Celui-ci portait précisément sur l’efficacité des méthodes d’échantillonnage et d’analyse pour Enterobacteriaceae, Enterobacter sakazakii et Salmonella, l’utilité de prélèvements environnementaux, et la pertinence des résultats obtenus par PCR.

 

Dans ses conclusions, le rapport recommandait aux exploitants d’ « attacher la plus grande importance aux prélèvements environnementaux en complément des prélèvements de produits en cours ou en fin de production car l’analyse microbiologique des lots par échantillonnage ne peut permettre de garantir à elle seule l’innocuité des produits mis sur le marché ».

 

 

 

« Les données recueillies à cette occasion avaient été utilisées pour un avis de l'EFSA de 2007. Cet avis avait conduit à modifier le règlement 2073/2005 fixant les critères microbiologiques par le règlement 1441/2007 », observe Albert Amgar.

Cet avis présentait les Enterobacteriaceae comme indicateurs de présence de Salmonella. L’annexe 1, chapitre 2, partie 2.2 du règlement 2017/2005 avait ainsi été modifiée en ce sens par le règlement 1441/2007. Le critère d'hygiène des procédés pour les préparations en poudre à destination des nourrissons et pour les aliments diététiques en poudres destinés à des fins médicales spéciales pour nourrissons de moins de six mois est : "absence dans 10 grammes, en fin de procédé de fabrication". Et cela pour 10 échantillons avec une tolérance de zéro. En cas de résultats insatisfaisants, le règlement stipule d’améliorer l’hygiène de production, afin de réduire au minimum la contamination.

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