Les parlementaires ont livré 18 recommandations suite aux auditions qui se sont déroulées au Sénat début juillet. Pour la commission des affaires économiques du Sénat, la réaction de l’État « n’était pas à la hauteur » dans l'affaire des steaks hachés frauduleux. Crédit: Adobe Stock.

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Tromperie sur les steaks hachés : les recommandations des parlementaires

25 juillet 2019 - Marjolaine Cérou

Les parlementaires ont livré 18 recommandations suite aux auditions qui se sont déroulées au Sénat début juillet. Pour la commission des affaires économiques du Sénat, la réaction de l’État « n’était pas à la hauteur ».

 

« La réaction de l’État  n’était pas à la hauteur », c’est la principale conclusion des auditions qui se sont déroulées au Sénat début juillet suite à l’affaire des « faux steaks hachés » distribués à l’aide alimentaire. Les parlementaires ont rendu leur rapport le mercredi 24 juillet. Ils pointent du doigt « des défaillances de procédures de gestion du fonds européen d’aide aux plus démunis.

 

« Malgré des alertes à répétition portant sur l’industriel polonais produisant les steaks hachés depuis des années, notamment en 2015 au sujet de la présence de salmonelles, le dernier contrôle sur place par l’administration date par exemple de 2013 alors que les services sont censés contrôler chaque industriel au moins une année sur deux », souligne le rapport. Les parlementaires déplorent également le manque de réactivité des autorités pilotant le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD ) : « elles ont seulement commandé fin mai des analyses sur les steaks hachés incriminés, alors que les associations et la DGCCRF avaient déjà les résultats de leurs propres laboratoires et que les premières alertes ont été émises début février.»

 

Quatre axes prioritaires

 

La commission des affaires économiques propose 18 recommandations opérationnelles suivant quatre axes prioritaires :

- renforcer les appels d’offres afin qu’ils ne favorisent plus une course au moins disant tarifaire au détriment de la qualité des denrées. Et ce, en exigeant davantage de critères pour les attributaires et en favorisant un approvisionnement plus local. Pour rappel, lors de son audition, FranceAgriMer, en charge de l’appel d’offres, avait insisté sur le fait que le prix n’était pas le seul critère dans le choix des attributaires ;

- limiter le carcan administratif pesant sur les associations pour recentrer les moyens de contrôles vers les analyses sur les produits ;

- mettre en place une procédure d’alerte pilotée par l’administration en cas de crise, seule à même d’interrompre rapidement la distribution des produits sur l’ensemble du territoire ;

- octroyer des aides en urgence aux associations qui, pour lutter contre les effets de cette affaire dont elles sont pourtant les principales victimes, supportent un coût potentiel d’un million d’euros.

 

Pour rappel, l’affaire de tromperie sur les steaks hachés destinés aux plus démunis a été révélée début juin. Ce sont les associations caritatives qui ont donné l’alerte. Les analyses menées par la DGCCRF ont révélé la non-conformité des produits. Deux entreprises françaises (Voldis et SMP) et le fournisseur polonais sont impliqués dans l’affaire. L’enquête judiciaire est en cours.

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