L’enquête de la DGCCRF menée en 2019 a montré qu’un établissement sur quatre ne respectait pas la réglementation liée à la composition et l’étiquetage de la vanille… Crédit : Ibysse/Fotolia

Vanille : haro sur les pratiques frauduleuses

24 janvier 2022 - maria guillon

Une enquête de la DGCCRF menée en 2019 a montré qu’un établissement sur quatre ne respectait pas la réglementation liée à la composition et l’étiquetage de la vanille.

Les arômes qui reproduisent le goût de la vanille comptent parmi les plus employés dans l’aromatisation des denrées alimentaires. Si la vanilline naturelle reste la plus puissante, elle peut aussi être obtenue par des procédés chimiques ou produite par la voie des biotechnologies. « L’emploi d’une proportion importante de vanilline issue des biotechnologies par rapport à la quantité totale de vanilline dans un « arôme naturel de vanille » est susceptible d’induire en erreur le consommateur sur la nature de l’arôme et n’est donc pas compatible avec cette dénomination », pointe la DGCCRF.

Les risques de fraude ont sensiblement augmenté. D’autant que la baisse de qualité des gousses sur ces dernières années a été couplée à une forte augmentation des prix. La DGCCRF a rendu les résultats de l’enquête qu’elle a mené en 2019 auprès de 177 établissements : un quart d’entre eux ne respectait pas la réglementation.

Utilisation d’arômes, de caramel, de gousses épuisées…

Pour cette enquête, les autorités ont contrôlé la conformité des produits, la traçabilité et la facturation de tous les opérateurs du secteur : les producteurs (de gousses, d’extraits, d’arômes naturels de vanille, d’arômes à flaveur vanille et de vanilline naturelle pure), les importateurs, les distributeurs, les commerçants de détail et les entreprises agroalimentaires.

Les enquêteurs de la DGCCRF ont mis en évidence quatre typologies de pratiques frauduleuses : le remplacement de produits de la vanille (telles que des gousses entières) par des produits de qualité inférieure (gousses épuisées, extraits de vanille constitués d’eau et d’un arôme artificiel) ; l’intensification du  goût, de l’odeur et de l’aspect de la vanille en trempant les gousses dans un arôme à flaveur vanille ; la reproduction de la flaveur vanille en ajoutant de la vanilline issue des biotechnologies en proportion importante par rapport à la vanilline provenant des gousses de vanille ; ou la standardisation de la couleur des arômes de vanille avec du caramel ayant un rôle de colorant.

Les résultats de l’enquête sont les suivants :

  • Parmi les 22 gousses de vanille prélevées, une sur quatre n’était pas conforme à la réglementation
  • Seul un extrait de vanille contrôlé sur deux était conforme à la réglementation
  • La moitié des arômes naturels de vanille prélevés était non-conforme
  • 13 denrées aromatisées sur 38 prélevées n’étaient pas conformes.

Au total, 23 % des échantillons étaient non-conformes. La DGCCRF a dressé trois procès-verbaux pénaux, quatre procès-verbaux d’amende administrative, établi treize mesures de police administrative et trente-six 36 avertissements.

Au vu de ces pratiques, la DGCCRF entend continuer à surveiller cet ingrédient.

 

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