Alertes sanitaires. La DGAL réorganise la communication vers les consommateurs

9 septembre 2008 - Josselin Moreau

La France conserve l'affichage sur les lieux de vente comme premier moyen d'information vers les consommateurs. Au Royaume-Uni, un service web, mail et SMS permet de recevoir en temps réel les alertes sanitaires. Inscription sur http://www.food.gov.uk/enforcement/alerts/

Différents rappels de produits alimentaires ayant eu lieu depuis un an dans l’hexagone ont montré certains dysfonctionnements du système français d’alertes sanitaires. C’est par exemple le cas de la contamination de steak hachés par E. coli O157 H7 chez Socopa en mars dernier. Sur demande du Ministre de l’Agriculture Michel Barnier, la DGAL propose actuellement aux professionnels du secteur agroalimentaire une révision du guide de gestion des alertes sanitaires publié le 27 mai 2005. Début juillet, elle a aussi réorganisé sa cellule « Mission des Urgences sanitaires » en intégrant l'ensemble des services de la DGAL en charge des crises : bureaux techniques alimentation, végétaux, santé et protection animale ainsi que la mission communication. Objectif : harmoniser la communication et augmenter la lisibilité des alertes auprès des consommateurs.

Mieux communiquer

Cette révision souhaitée par Michel Barnier fait suite aux études menées par le CREDOC en 2007 et aux recommandations du Conseil National de l’Alimentation dans son avis du 29 juin 2006. Ils avaient tous les deux pointés du doigt les failles du système français, en particulier lors des rappels de produits alimentaires ultrafrais à DLC très courte. Globalement, c’est le volet « communication » sur les risques – parent pauvre du guide actuel – qui a été sérieusement réévalué. Dans son étude, le CREDOC avait signalé que le consommateur privilégiait l’information par voie d’affichettes disposées sur les lieux de ventes. « Le nouveau guide prévoit donc la création de modèles d’affichettes en fonction du type de contamination afin d’harmoniser les informations relatives aux risques sur la santé des consommateurs et aux symptômes associés à une éventuelle contamination », indique Paul Mennecier, sous-directeur de la sécurité sanitaire des aliments à la DGAL. La période d’affichage a quant à elle été réduite de un mois à 15 jours incluant deux week-ends

Industriel responsable

Dans le cadre de ces travaux, la DGAL n’a pas souhaité mettre en place de système global d’alerte directe vers les consommateurs. Elle rappelle d’ailleurs que c’est l’industriel qui reste responsable devant le consommateur : c’est donc à lui de communiquer en premier. « Les pouvoirs publics ne communiquent et ne communiqueront directement vers les médias et les consommateurs que lorsque qu'ils estiment que les professionnels ne font pas bien leur travail ou en cas de crise réelle qui demande des éclaircissements sur la nature du risque, souligne Paul Mennecier Cela peut d’ailleurs nécessiter des interventions conjointes avec le Ministère de la Santé, l'Afssa, l'INVS, etc.... Ce n’est donc pas du tout systématique ». Des systèmes publics de diffusion quotidiens et transparents récapitulant les alertes vers les consommateurs sont pourtant déjà mis en place dans plusieurs pays de l’Union Européenne. Au Royaume-Uni par exemple, la liste des rappels pour information ou pour retrait des linéaires est disponible en temps réel sur le site web de la Food Standard Agency, par alerte email ou par SMS. Au niveau communautaire, le système d’alerte européen RASFF publie ses rapports de façon hebdomadaire.

Seuils d’alerte

Concernant les seuils d’alerte, la DGAL précise que le nouveau guide prendra mieux en compte les contaminants physico-chimiques ainsi que les contaminants sans critères d’hygiène. Sur le plan opérationnel en microbiologie, des fiches techniques récapitulant les principaux risques et seuils d’alerte seront éditées pour les principaux germes (Listéria et Salmonella par exemple).

En parallèle à ces actions, une réflexion avec le Ministère des Finances est aussi en cours concernant une éventuelle levée du secret bancaire pour permettre de contacter directement les consommateurs.

Les professionnels consultés pour la révision du guide des alertes sanitaires devraient rendre leurs avis cette semaine. Une rencontre entre l’administration et les professionnels est ensuite prévue pour discuter des différents points de vue avant une mise en application du nouveau guide avant fin novembre.

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