Comment limiter la douleur des animaux d’élevage

17 décembre 2009 - Josselin Moreau

Les conclusions de l'étude Inra sur la douleurs animales ont été présentée le 8 décembre dernier à Paris. Crédit : Inra

La France a régulièrement été montrée du doigt par les pays anglo-saxons pour son manque de prise en compte des douleurs des animaux dans les élevages et les abattoirs. Une expertise collective coordonnée par l’Inra vient de s’achever. Elle a permis de caractériser et comprendre la souffrance des animaux afin de mieux la limiter dans l'avenir.

Peu d'outils d'évaluation

Premier constat des scientifiques qui ont épluché plus de 1300 articles et rapports internationaux sur le sujet, les outils d’évaluation manquent pour aider à la compréhension des mécanismes physiologiques de la douleur. L’évaluation de la douleur ne pouvant être réalisée que de façon indirecte, différents critères lésionnels, physiologiques et zootechniques doivent être pris en compte. « Les grilles multiparamétriques de la douleur qui permettent d’effectuer un diagnostic de douleur fiable à grand échelle (…) ne sont validées aujourd’hui que pour le chien et le chat », détaille la synthèse de l’étude diffusée le 8 décembre dernier à Paris. L’Inra précise aussi que pour une pourcentage significatif des bovins abattus sans étourdissement, un délais important avant l’inconscience est observé.

Dans tous les cas, la rentabilité, la sécurité des aliments et la maîtrise des risques sanitaires restent les principaux objectifs des systèmes d’élevage actuels. Ce qui, pour les scientifiques, augmentent le risque d’apparition de douleurs. Cela peut concerner la limitation de l’espace, le risque de déséquilibre nutritionnel pour exploiter le potentiel d’un animal au maximum, les cadences, les formes d’organisation du travail, les mutilations.

Des pistes pour l’avenir

Les scientifiques de l’Inra pensent néanmoins que des alternatives existent pour supprimer ou limiter les douleurs, à l’image de la démarche des 3S (supprimer, substituer et soulager) utilisée en expérimentation animale. Ainsi, la caudectomie (ablation de la queue) des bovins a été supprimée depuis 2006 et l’écornage pourrait aussi être supprimé grâce à la sélection génétique (bêtes sans cornes) dans les troupeaux. La castration des porcs et des bovins dès la naissance semble aussi être moins douloureuse que chez les jeunes adultes. La technique de meulage des dents des porcelet est préférable à celle de la coupe à la pince, tout comme l’épointage du bec des volailles en remplacement du débecquage. Enfin, les experts appellent à une utilisation plus vaste de l’anesthésie, pratiquée par exemple par l’éleveur lui-même sans qu'il n'ait besoin de recourir à un vétérinaire pour certaines interventions.

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