Environnement

Comment réduire ses rejets

29 juin 2005 - Josselin Moreau

1. Aérobie ou anaérobie ?

La réduction des boues biologiques issues des traitements épuratoires est une problématique de plus en plus présente en agroalimentaire. L’augmentation rapide des coûts de transport et la limitation des plans d’épandage agricoles encouragent les industriels dans cette voie. Parallèlement, les normes de rejets d’eaux usées deviennent de plus en plus sévères en vue de la préservation du milieu naturel.
Face à ce constat, les solutions technologiques sont multiples « tout comme les équipementiers » précise Jean-Pierre Legeron, président d’Irépolia, cabinet d’études environnementales à Nantes. En agroalimentaire, les procédés de traitement biologiques par boues activées (mise en contact forcée de biomasse épuratrice avec les effluents) sont les plus répandus. Les industriels ont le choix entre deux principes : aérobie ou anaérobie... ou les deux ! Selon de récentes études conduites par l’association d’industriels et de chercheurs BBA (Bretagne biotechnologies alimentaires) et coordonnées par l’Inra de Rennes, le couplage d’un traitement anaérobie suivi d’un post-traitement aérobie aurait beaucoup d'atouts.
Les installations de fermentation anaérobie produisent quatre à cinq fois moins de boues en volume. En contrepartie, elles sont moins compactes. Elles permettent aussi la production de biogaz, le méthane, qui, en excès, peut être valorisé par conversion énergétique comme les eaux de chaufferie*. « Le principal facteur limitant dans ce cas est la matière grasse, qui se méthanise deux à cinq fois moins vite que le lactose et les protéines », précise Geneviève Gésan-Guiziou, responsable scientifique à l’Inra de Rennes, spécialisée dans les effluents laitiers. Un autre point fort est la valorisation possible de la biomasse carbonée issue de la fermentation. « Cette biomasse est utilisable comme substrat pour d’autres réactions comme celle de dénitrification », souligne Geneviève Gésan-Guiziou. Peu développée pour l’instant en France, cette succession d’opérations permet de répondre aux principaux défauts des procédés anaérobies, inefficaces quant à la réduction des teneurs en nitrates des eaux et ne permettant pas d’obtenir des qualités d’eaux suffisantes pour le rejet dans le milieu naturel. « Contrairement à la voie aérobie qui dégrade la pollution en matière minérale, la voie anaérobie permet une valorisation du substrat », insiste Geneviève Gésan-Guiziou.

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