Suite à une large enquête à laquelle près de 550 entreprises alimentaires ont répondu, l’Ania dresse un portrait hétérogène de l’impact de la crise au Covid-19. Plus de 60 % des entreprises doivent faire face à une baisse des commandes. Et 11 % d’entre elles subissent des droits de retrait.

Covid-19 : L’Ania recense les difficultés des entreprises agroalimentaires

1 avril 2020 - Pierre Christen

Suite à une large enquête à laquelle près de 550 entreprises alimentaires ont répondu, l’Ania dresse un portrait hétérogène de l’impact de la crise au Covid-19. Plus de 60 % des entreprises doivent faire face à une baisse des commandes. Et 11 % d’entre elles subissent des droits de retrait.

 

Du 24 au 27 mars, l’Ania a mené une large consultation des entreprises alimentaires afin de bien caractériser l’impact de la crise au Covid-19 et de cerner les besoins d’accompagnement. Résultat, le secteur traverse cette période inédite de façon très hétérogène. La loupe médiatique a eu tendance à se focaliser sur les fabricants de produits de première nécessité (pâtes, riz, conserves, etc.) qui ont dû répondre à l’emballement des achats de précaution. Mais la réalité montre qu’une frange significative du secteur voit au contraire son activité se réduire. Selon cette enquête, près de 80 % des entreprises anticipent même une baisse de chiffre d’affaires au mois de mars 2020. Cette baisse pouvant être supérieure à 50 % dans plus d’un quart des cas. De surcroît, plus d’un tiers des entreprises estiment que la crise a déjà entraîné la fermeture de sites de production. Une situation qui conduit l’Ania à souligner l’importance des mesures d’aides à la trésorerie et à l’emploi.

En matière d’organisation du travail, la situation s’est très vite tendue. 45 % des entreprises ayant répondu sont affectées par une augmentation du taux d’absentéisme, qui atteint une moyenne de 20 %. Précision utile, l’Ania a inclus dans l’absentéisme le recours au chômage partiel. Ce qui reflète avant tout les situations de baisse d’activité. En effet, plus de la moitié des entreprises sont affectées par des contraintes sur leurs débouchés commerciaux. Précisément, 62 % d’entre elles sont concernées par des baisses de commande (17 % moyennement concernées, 45 % très concernées).

De nombreuses difficultés logistiques

Second critère relatif aux ressources humaines, l’enquête révèle que 11 % des entreprises sont concernées par l’exercice du droit de retrait, soit, pour celles-ci, en moyenne 13 % des effectifs. Un ratio qui vient s’ajouter aux arrêts de travail mis en œuvre dans 62 % des entreprises. Des situations qui peuvent s’avérer complexes à gérer, en particulier dans les entreprises déjà en sous-effectif (comme dans la viande), surtout si la demande augmente, créant ainsi un effet de ciseau. Là-aussi, au regard de ce constat, l’Ania en profite pour souligner l’importance de la fluidification du recours au chômage partiel, ainsi que de l’assouplissement du Code du travail.

Enfin 40 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés d’approvisionnement, davantage à propos des emballages que des matières premières agricoles. Autre élément critique, l’immense majorité des entreprises font face à des difficultés logistiques, empêchant pour la moitié d’entre elles des livraisons de clients.

 

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