Développement durable

Des solutions plus vertes

19 juillet 2011 - Josselin Moreau, François Morel, Anne-Katell Mousset

L’usine du groupe Roquette à Lestrem, membre actif de l’association Chimie du Végétal.

L’agroalimentaire est le premier secteur participant à l’expérimentation d’affichage environnemental multicritère démarrée au 1er juillet 2011. Les premières initiatives privilégient une information dématérialisée sur Internet, facile à mettre à jour et moins coûteuse que sur les emballages.

Pour harmoniser l’information mise à disposition des consommateurs, une quarantaine d’entreprises et d’interprofessions, dont l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), ont développé quatre logos communs avec l’Institut de liaisons et d'études des industries de consommation (Ilec). « Cette information porte sur les trois critères "effet de serre", "eau" et "biodiversité", en phase avec le référentiel Ademe/Afnor. Certains secteurs utiliseront un 4ème critère "ressources naturelles" axé sur la recyclabilité des emballages », explique Carole Fonta, chef de projet développement durable à l’Ania.

Dans son dossier de juillet-août, le magazine Process Alimentaire fait le point sur les différentes expérimentations et propose deux pistes pour améliorer sa politique de développement durable : la chimie végétale appliquée aux plastiques de conditionnement et le bois utilisé comme source d'énergie.

Oui à la chimie du végétal !

Prix du pétrole, raréfaction (géographique) des approvisionnements en matière première plastique… Beaucoup d’indicateurs sont dans le rouge ! Alertant sur la nécessité de trouver des solutions alternatives au « tout pétrole », en nous obligeant, peut-être, à tout réinventer. La voie du végétal et des matériaux dits « biosourcés » suscitent aujourd’hui beaucoup d’intérêt. La preuve, le 12 mai à Arras, le Pôle Maud (Matériaux et Applications pour une Utilisation Durable) organisait une journée sur le thème « Les applications des plastiques végétaux, aujourd’hui et demain ». On retiendra que ce colloque était organisé en collaboration avec le Pôle d’excellence Plasturgie. C’est un signe des temps. Une convention de partenariat a même été signée entre les deux organismes, réunis et non plus concurrents. La possibilité d’accéder à de nouvelles ressources constitue un enjeu important. Or, « le plastique végétal offre des perspectives socio-économiques et environnementales majeures… ». Il permet, à la fois, de limiter notre dépendance au pétrole, de soutenir le développement rural via de nouveaux débouchés, de créer de la valeur ajoutée et de nouveaux emplois. A ces enjeux purement économiques, s’ajoutent les enjeux environnementaux. Comme l’application, d’ici 2020, de la fameuse règle des trois fois 20 : 20 % d’efficacité énergétique en plus, 20 % de GES (gaz à effet de serre) en moins, 20 % d’énergies renouvelables en plus.

Osez le bois !

Variabilité et hausse du prix des ressources fossiles, ou nécessité environnementale… Le bois possède quelques atouts de choix pour l’envisager comme énergie. Et cette ressource est de plus particulièrement adaptée à l’agroalimentaire. « Les besoins en vapeur par exemple en agroalimentaire sont rarement saisonniers, explique Jean-Pierre Tachet du CIBE (comité interprofessionnel du bois énergie). Il n’y a donc pas besoin de sur-dimensionner les installations, comme c’est le cas par exemple pour les chaudières de chauffage collectif ». Des installations bien dimensionnées, et utilisé tout au long de l’année, résultat : un coût de la chaleur bas et un retour sur investissement plus rapide.


Retrouvez l'intégralité de notre dossier "Des solutions plus vertes" dans notre numéro de juillet-août 2011.

  • Affichage environnemental. Top départ de l'expérimentation.

C’est une première mondiale ! 168 entreprises françaises ont débuté au 1er juillet 2011 l’expérimentation d’affichage environnemental multicritère. L’agroalimentaire arrive en tête des secteurs participants avec 70 sociétés, soit 42% des entreprises volontaires. Inscrit dans la loi du Grenelle 2 de l’environnement, ce test grandeur nature qui durera un an an se veut d’abord un exercice pédagogique vis-à-vis des entreprises et des consommateurs.

  • Oui à la chimie du végétal pour les plastiques.

Oui, donc, à la chimie verte ! À condition de respecter un principe essentiel : celui d’un équilibre global avec les utilisations traditionnelles des ressources végétales, en premier lieu, l’alimentation humaine et animale. Le modèle de développement proposé est l’installation de bio-raffineries, où il est possible de faire coexister l’extraction de produits à usage alimentaire et non alimentaire.

  • Energie. Osez le bois !

Le principal problème à résoudre est celui de l’approvisionnement. Reste que pour des installations industrielles destinées à la production de vapeur, la quantité de bois nécessaire ne devrait pas poser de problème particulier. Pour se lancer, il faut bâtir un plan d’approvisionnement de la ressource. Plaquettes ? Ressource forestière ? Bois de rebus ? Il faut garantir que la ressource n’affectera pas l’environnement.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois