Semaine de l’alimentation

Deux scénarios pour nourrir la planète en 2050

12 octobre 2009 - Josselin Moreau

A combine harvester working in a wheat field,(focus on front row of wheat)

Comment nourrir 9,1 milliards d’individus en 2050 ? Pour répondre à cette question, l’Inra et le Cirad ont construit deux scénarios de développement mondial de l’agriculture et de l’alimentation. Les résultats de cette étude débutée en 2006 et baptisée Agrimonde ont été présentés la semaine dernière à Paris et à Montpellier.

Le premier scénario donne la priorité à la croissance économique pour nourrir le monde, dans un contexte où l’environnement est secondaire. Dans cette projection, la croissance économique mondiale s’accompagne de besoins énergétiques en forte progression. 10% de l’énergie produite est issue d’énergie renouvelable et les utilisations non alimentaires des terres sont multipliées par six en 50 ans. Le nombre de personnes sous-alimentées a pu être divisé par 2,5 en 50 ans, tout en augmentant la part des calories d’origine animale augmente dans les rations alimentaires.

Le second scénario envisage un monde dans lequel les enjeux de développement durable orientent les axes d’investissements. Les disponibilités alimentaires apparentes en 2050 sont de 3000 kcal/jour/habitant, dont 2500 d’origine végétale. Ce chiffre augmente sensiblement grâce au développement agricole en Afrique. À l’inverse, il diminue de près d’un quart dans les pays développés de l’OCDE (baisse des gaspillages, efficacité des politiques nutritionnelles). Les surfaces cultivées augmentent deux fois plus que dans le premier scénario. Ce scénario pointe tout de même un déficit de la production agricole locale en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour couvrir les besoins domestiques. Ce qui nécessite la mise en place d’échanges internationaux sécurisés et régulés sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies pour la Sécurité Alimentaire (UNOFS)

83 M$ d’investissement nécessaires

A l’occasion de la Semaine mondiale de l’alimentation, la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, rappelle de son côté qu’actuellement un milliard de personnes souffre de la faim. Pour elle, l'agriculture des pays en développement nécessiterait des investissements de 83 milliards de dollars par an si l’on veut être en mesure de nourrir la population mondiale d’ici 2050. « Cela équivaut à un accroissement d’environ 50% des investissements dans l’agriculture ». L’augmentation des productions vivrières reste une priorité majeure que devront soutenir les filières de transformation. Les projections de la FAO estiment qu’il faudrait 50 milliards de dollars par an pour obtenir un accroissement de 70% des cultures vivrières mondiales d’ici à 2050.

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