Doux : la validation des offres partielles "remet les pendules à l'heure"

11 septembre 2012 - François Morel

La productivité est une des clés de la compétitivité de la production française de volailles. Crédit : Archives Process Alimentaire

Le bilan de l’affaire Doux est simple : en un mois et dix jours depuis la liquidation judiciaire du pôle frais du groupe volailler, il n'y a pas eu d'amélioration des offres de reprise, malgré la pression exercée dans ce sens, notamment par le gouvernement.

Pourquoi si peu d'empressement des repreneurs ? Il y a bien une raison. "Si les offres des repreneurs ont été jugées si faibles par le tribunal, explique un des responsables de la filière, c'est parce qu'ils étaient effrayés par l'état de l’outil de production, qui était à bout de souffle !" . En clair, les leaders du marché ont refusé de payer les erreurs de gestion d'une entreprise, « qui a vécu pendant plusieurs années sur ses acquis ». Sans investir, comme l'a rappelé récemment le maire de Graincourt dans le Nord, principale usine de Doux touchée par le démantèlement.

Le dénouement est grave sur le plan social. Au point que le gouvernement, sitôt connu le jugement, s'est engagé à soutenir les salariés licenciés, dont le nombre serait exactement de 866 (50 % de l'effectif) selon le Ministère. "Tous les salariés licenciés bénéficieront du maintien d'un salaire à 100 % pendant un an et d'un contrat de sécurisation professionnelle.

Sur le plan économique, le bilan est moins catastrophique qu'on ne pourrait l’imaginer. « Car, précise un observateur, ce n'est pas un problème de marché, mais d'une entreprise qui a fait de mauvais choix. Il faut s’attendre, dit-il, après une période de désorganisation partielle, à ce que le marché français de la volaille se re-stabilise. » Pour deux raisons : le potentiel d'éleveurs est là, de même que le potentiel industriel, sauf qu’il sera réparti différemment. Ce qui revient, autrement dit, à déshabiller Paul pour habiller Jacques !

S’attendre à l’optimisation des sites existant

Après la fermeture des sites de transformation de Doux, qualifiés d'obsolètes, une optimisation des sites existants en France n'est en effet pas à exclure. Elle pourrait même servir à rattraper l'écart de productivité qui s'est creusé dans le courant des années 2000. Explication : la production de poulets en France qui a retrouvé le même niveau qu'en 2000, a été moindre entre-temps, avec des effectifs de salariés qui n'avaient pas pour autant diminuer. Or la filière française, comme le démontre clairement l’analyse du marché (chiffres ci-dessous) a besoin d'un surcroît de compétitivité pour concurrencer les producteurs allemands, belges ou hollandais.

D'un certaine façon, la chute du pôle frais de Doux – est-ce la restructuration appelée ? – « remet les pendules à l'heure ». La sanction est celle des erreurs de gestion de l’entreprise sur le marché du frais. Pour les autres activités du groupe, à savoir le poulet export et les produits élaborés, le tribunal de commerce de Quimper a fixé la période d'observation jusqu'au 30 novembre.

[REPERES]
L'offre française de volailles a du mal à suivre la demande
Évolution du marché de la volaille en France - 1er semestre 2012
. Consommation de volailles + 2,9 %
- poulet + 5,5 %
- dinde + 5%
. Production de volailles -0,2%
- poulet + 0,8%
- dinde + 0,2%

Le marché de la volaille se porte plutôt bien, quand la production plafonne. L'équilibre offre/demande est due au fait que la France exporte moins (- 5%) et importe davantage (+ 5,1%). Ce qui signifie que les entreprises françaises sont, globalement, moins compétitives que leurs concurrents européens.
Source : Agreste/Douanes

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