Étiquetage

Europe. Comment harmoniser l’étiquetage nutritionnel

7 avril 2008 - Josselin Moreau

L'étiquetage à l'avant du paquet pourrait devenir obligatoire au niveau européen d'ici 2009.

La proposition du 30 janvier 2008 de la Commission européenne concernant la révision des règles d’étiquetage des denrées alimentaires dans l’Union Européenne (directives 2000/13/CE et 90/496/EC) a suscité de nombreuses réactions tant chez les industriels que chez les consommateurs. Alors que la députée allemande Renate Sommer vient d’être nommée rapporteuse du groupe parlementaire en charge de ce dossier, le Bureau européen des Unions de Consommateurs (Beuc) va lui transmettre ce mois-ci une position détaillée sur le sujet.

Code couleur à l’avant, information complète à l’arrière

Dans ce document, le Beuc prend position pour la mise en place au niveau communautaire d’un système de codes couleurs à l’avant des emballages indiquant le niveau des nutriments importants en matière de santé publique. « Les études menées par nos membres aux niveaux nationaux dans différents pays européens montrent en effet que ce sont les systèmes simples fonctionnant par codes couleurs qui sont compréhensibles par le plus grand nombre de consommateurs, explique Muriel Danis, responsable communication du Beuc. Ils fournissent une interprétation rapide des taux élevés, moyens ou bas des nutriments clés. ». A l’arrière des paquets, le Beuc plaide pour une information nutritionnelle exhaustive (énergie, protéines, graisses, AG saturés, glucides, sucres, sel et fibres), ce que ne précise pas la proposition de la Commission. Enfin, le Beuc accueille favorablement l’extension des obligations d’étiquetage aux allergènes et aux denrées non emballées ou servies en RHD. Il salue la position de la Commission d’améliorer la lisibilité en termes de contraste et de tailles de caractères (3 mm minimum) : « Nous avons encore des exemples récents d’étiquettes de produits alimentaires écrites en bleu foncé sur bleu clair et par conséquent très peu lisibles », précise Muriel Danis.

Mise en place pas avant 2009

Fin janvier, la Confédération des Industries Agricoles et Alimentaires (CIAA) avait indiqué son désaccord avec le calendrier de la mise en application de cette révision : « En 2009, la majorité des industries alimentaires auront apposé les Apports Journaliers Recommandés sur leurs emballages ». En France, l’Ania a récemment estimé que le projet imposait « des contraintes supplémentaires aux entreprises alors que les dispositions réglementaires actuelles étaient globalement satisfaisantes ».

La CIAA a aussi émis des craintes quant à la liberté laissée aux États Membres de mettre en place d’autres systèmes parallèles aux niveaux nationaux : « la prolifération de systèmes nationaux créera plus de confusion pour consommateur qu’il ne lui apportera d’information ». La Confédération a jugé inefficace et irréalisable la proposition de la Commission de faire figurer à l’avant de l’emballage « la valeur énergétique et les teneurs en sel, en glucides, avec une référence spécifique aux sucres, et en lipides – y compris les acides gras saturés – par portion, par cent millilitres ou par cent grammes de produit. » La CIAA a réaffirmé sa volonté d’étiqueter à l’arrière des paquets – en plus du nombre de calories – les groupes de nutriments importants en terme de santé public au sein de l’Union Européenne. Reprenant la position de l’EFSA du 26 février 2008 sur les profils nutritionnels, il s’agirait donc des graisses saturées, insaturées et trans, des sucres, du sodium et des fibres alimentaires. Si le consommateur veut en savoir plus, il faudrait qu’il continue à tourner le paquet.

Avant de connaître la teneur des amendements proposés par les eurodéputés, il est probable que le dossier ne soit débattu pour la première fois au sein de la commission environnement du Parlement européen qu’en juillet prochain, une fois la période de consultations des différentes parties opérées. Un délai supplémentaire qui accroît l’inquiétude des unions d’industriels comme de consommateurs…

Ce qui pourrait changer

La proposition de directive du 30 janvier 2008 de la Commission Européenne comprend plusieurs nouvelles obligations :
- étiquetage à l’avant du paquet du nombre de calories ainsi que les teneurs en sel, en glucides dont les sucres, en lipides dont AG saturés, par portion, par 100 ml ou par 100 g de produits,
- précisions des Apports journaliers recommandés (AJR),
- hauteur des caractères à 3 mm minimum,
- étiquetage des allergènes, y compris pour les denrées non emballées ou servies en RHD.

Les emballages sont-ils trompeurs ?

Les packagings ne reflètent pas toujours les produits qu’ils contiennent. Conçue par des Allemands, l’initiative baptisée « Publicité contre réalité » le prouve en comparant les emballages de 100 produits alimentaires avec les photos des aliments en question. Marketing classique ou réelle tromperie, toujours est-il que certains produits ne ressemblent plus vraiment à leur « suggestion de présentation » sur le paquet… Le mois dernier, Béatrice de Reynal nous rappelait justement « le principe selon lequel la visualisation sur l’emballage doit être proportionnelle aux quantités mises en œuvre dans le produit. » A bon entendeur …
A regarder sur http://www.pundo3000.com/

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