Graine de moutarde : les cours s'emballent

La production française de moutarde dépend à 95% des graines produites au Canada, importées à hauteur de 25000 tonnes par an. Or, sur les contrats négociés pour la prochaine campagne, les transformateurs devront supporter une hausse de 31% du prix en euros de la graine brune. 2006 avait déjà vu les cours augmenter de plus de 4 %. À cela s’ajoutent les effets du taux de change de l’euro face à la devise canadienne, qui s’est appréciée de 8% depuis le début de l’année.
La popularité croissante des épices et la hausse de la consommation mondiale de moutarde justifient une forte pression sur l’offre. La culture canadienne de graine de moutarde souffre, par ailleurs, de l’instabilité climatique. Les précipitations peu abondantes cet hiver ont réduit le rendement de la production dans les provinces de l’Ouest canadien. La récolte estivale promet donc d’être limitée : depuis 2004, la production canadienne a chuté de 53 %. La sensibilité des cours agricoles aux problèmes de production est ainsi exacerbée par le repli des stocks de report, insuffisants pour faire face à la demande mondiale.
Autre facteur d'explication : le renchérissement du pétrole et des autres hydrocarbures fait monter les prix des engrais et des fertilisants, nécessaires à la culture de la graine de moutarde. Il pèse aussi sur les coûts de transport, des ports de l’Atlantique canadien à l’Europe occidentale. La production de moutarde est également concurrencée par la fabrication d’huile et de biocarburants, qui limite la ressource disponible.
Plus généralement, la graine de moutarde est concurrencée par le développement des biocarburants à
base de colza et par la culture du blé, plus rentable pour les fermiers.

Une filière française encore marginale

Dans ce contexte, les transformateurs de moutarde français sont menacés d’autant plus que la culture
nationale de graine de moutarde se limite cette année à 1550 hectares, contre les 170 000 hectares ensemencés au Canada. Depuis une quinzaine d’années, une centaine d’exploitants bourguignons
tentent de faire renaître la filière locale apparue au XIIe siècle afin de diversifier les approvisionnements
et de mieux maîtriser la qualité de la production. L’indication géographique protégée (IGP) « Moutarde de Bourgogne » devrait leur être attribuée à la fin de l’année 2007.

Une hausse attendue des prix de vente

Une initiative utile pour les territoires, mais insuffisante pour agir sur le marché. Le poids des matières premières dans la fabrication de ce produit fini est tel que les producteurs se verront rapidement contraints de répercuter cette nouvelle hausse des cours sur les prix de vente.

Source : European Briefing, juin 2007

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