Industriels bretons et transporteurs s'engagent pour la compétitivité

Qu'elles soient nichées au cœur des Monts d'Arrée ou près du Golfe du Morbihan, les PME bretonnes ont parfois du mal à livrer l'Est de la France en a pour a*, notamment en début et en fin de semaine. Pas question pour autant de laisser le Grand Ouest se couper du monde ! Industriels bretons et transporteurs ont décidé de prendre en main leur avenir logistique. L'Abea (Association bretonne des entreprises agroalimentaires); la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) et la TLF (Fédération des entreprises de transport et logistique de France) ont signé mercredi 17 Janvier à Pacé (35) une charte d'engagement. Elle symbolise la démarche collaborative destinée à améliorer la compétitivité de la chaîne logistique et de transport dans l'agroalimentaire.
"Cette signature préfigure une interprofession de la fonction transport de l’aliment sur la filière agro-alimentaire, souligne Pierre Feugas de Ernst-Young. Elle aura pour but de fixer des règles en vue de s'auto-déterminer, avec obligation de résultat". La mise en place d'un système partagé d'informations et de bonnes pratiques sont prévues. Un comité de suivi animera une charte de labellisation, qui s'imposera dans les relations contractuelles des entreprises.

tout remettre à plat

Le premier travail va être de répertorier les mauvaises pratiques. Les relations entre industriels et transporteurs sont assez tendues. "On ne dialogue pas assez, reconnaît Christian Tacquard, président de l'Abea. Et on subit des pénalités financières de la part des clients distributeurs quand les taux de service, de plus en plus exigeants, ne sont pas atteints ". "Cela va être l'occasion de tout remettre à plat, déclare Gilles Collyer, président de la FNTR.
Les nouveaux partenaires ont commencé à égrener les difficultés : des délais toujours plus court pour des commandes plus fréquentes et réduites, de trop faibles densités de palettes et de chargements, plusieurs allers-retours vers une même plate-forme de distribution, des temps d’attentes trop longs et coûteux, des palettes vides non échangées, un manque de retour d'information, etc. La complainte aboutit, in fine, à une dégradation de la valeur.
De plus, les transporteurs craignent la pénurie de camions, déjà effective dans certaines régions. Elle est accentuée par les délais d'achat de camions neufs et le manque de véhicules de location courte durée. Les PME de transport ciblent les entreprises les plus rentables et éliminent les trajets à vide...

prévision et mutualisation

Les axes d'amélioration sont nombreux ! Dix entreprises de l'Abea et cinq transporteurs ont collaboré pendant deux ans pour élaborer l'outil de prévision Previtrans. "Il faut qu'une majorité d'entreprises bretonnes s'engagent dans cette prévision de transport, et que chaque transporteur s'organise pour l'utiliser", souhaite l'Abea. Une autre solution envisagée est de mutualiser le transport en allant vers des plates-formes logistiques partagées. "Il faudra investir, mais restons raisonnables...", nuance Patrick Lahaye, président de TLF, qui déplore la taxation de sa profession (50% du CA).
Les résultats concrets de ces échanges sont attendus pour début 2008. Ils serviront de base à des discussions nationales via l'Ania, à laquelle adhère depuis peu l'Abea. La grande distribution sera prochainement associée. Une urgence tant la pression sur la chaîne logistique ne tarit pas.

Pierre Christen

* une livraison en a pour a signifie qu'elle est envoyée et reçue le même jour.

Process Alimentaire - Formules d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L’AGROALIMENTAIRE

● Une veille complète de l’actualité du secteur agroalimentaire
● Des enquêtes et dossiers sur des thèmes stratégiques
● Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois