Allégations

L’AESA retoque sept des huit premières allégations santé

18 septembre 2008 - Josselin Moreau

Pour l’AESA, la première série d'avis adoptés reflète la variabilité des demandes reçues. Les justifications scientifiques restent la plupart du temps minces par rapport aux bénéfices demandés par les industriels.

L’Autorité européenne de sécurité et aliments (AESA) a adopté le 21 août dernier ses premiers avis sur les allégations de santé portant sur les denrées alimentaires, conformément à la nouvelle réglementation européenne. Coup dur pour les industriels concernés : sur les huit premiers dossiers évalués, sept allégations ont été refusées, les preuves scientifiques apportées par pétitionnaires ayant été jugées trop faibles pour justifier les allégations proposées. Cinq concernaient la santé des enfants et trois la réduction des risques de maladie. Seule l’allégation revendiquée par Unilever concernant les stérols de plantes a été jugée positivement : « Les stérols de plantes abaissent/réduisent le taux de cholestérol dans le sang et réduisent ainsi le risque de maladies coronariennes. »

Variabilité des dossiers

Pour l’AESA, la première série d'avis adoptés reflète la variabilité des demandes reçues. « Beaucoup de dossiers mis à disposition des experts ne sont pas suffisamment étayés et les justifications scientifiques restent la plupart du temps minces par rapport aux bénéfices demandés par les industriels », avertit Béatrice de Reynal, nutritionniste et membre du panel NDA (produits diététiques, nutrition et allergies) de l’AESA.
Ces sept premiers avis négatifs répondent aussi aux différentes interrogations des scientifiques quant aux risques associés à l’autosupplémentation de la population européenne en différents nutriments sans qu’aucune étude ne soit réalisée sur les effets négatifs. « Plusieurs dossiers étaient intéressants sur le plan scientifique mais les allégations ont semblé excessives par rapport aux bénéfices prouvés ou à la population visée », souligne Béatrice de Reynal.

Faiblesse des preuves

En France, deux entreprises pétitionnaires ont reçu un avis négatif :

- Les laboratoires Bio-Serae commercialisent NeOpuntia, fibre issue du cactus Opuntia ficus-indica . L’allégation souhaitée par le laboratoire était : « NeOpuntia aide à améliorer les paramètres lipidiques sanguins associés aux risques cardiovasculaires, en particulier le cholestérol à haute densité (HDL) ». Dans son avis, l’AESA souligne qu’il n’y a pas de différence significative quant à l’action de l’ingrédient sur le taux de cholestérol HDL des personnes suivies. Chez Bio-Serae, on précise que « l’avis ne remet pas en cause l’ingrédient ni les données scientifiques mais demande d’apporter des éléments complémentaires »,

- Les laboratoires Pierre Fabre Dermo Cosmétique avaient quant à eux soumis à évaluation un nouveau produit de la gamme Elancyl qui doit être lancé fin novembre. Baptisé Elancyl Global Silhouette, le produit se compose d’un stick de 1g d’acide linoléique conjugué avec 1g de polyols et d’une solution buvable d’extraits de plantes et de cacao. L’allégation suivante était demandée : « Elancyl Global Silhouette transforme la silhouette en réduisant la graisse corporelle, en particulier la graisse abdominale ». L’AESA souligne dans son avis que l'effet attendu n'est pas clairement défini dans le dossier et que la composition d’une partie du mix ne lui a pas été communiquée. L’Autorité pointe aussi la faiblesse du bénéfice réel observé par rapport au bénéfice attendu (réduction des tours de tailles, ceinture abdominale ...). Les Laboratoires Pierre Fabre ne souhaitent pour le moment pas s’exprimer sur cet avis et les suites qui lui seront données.

À ce jour, 220 dossiers d’allégations supplémentaires ont été reçues par l’AESA. Elles devraient être évaluées dans les prochains mois.

Lire les avis complets de l'AESA

Réglementation : ce qu’il faut savoir

Le règlement européen 1924/2006/CE définit comme une allégation de santé « toute allégation qui affirme, suggère ou implique l’existence d’une relation entre, d’une part, une catégorie de denrées alimentaires, une denrée alimentaire ou l’un de ses composants et, d’autre part, la santé ». Il autorise l’utilisation de deux types d’allégations relatives à la réduction d’un risque de maladie et à l’accentuation de la sensation de satiété. En revanche, la réglementation interdit le recours aux allégations de santé suggérant que la santé peut être affectée si l’aliment n’est pas consommé, se référant à la quantité ou au taux de perte de poids ou à des recommandations émises par le personnel médical.

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