L’affichage environnemental manque de fiabilité

26 octobre 2010 - Rémi Pin

Pionnier en la matière, l’indice carbone de Casino lancé en juin 2008 avec Bio Intelligence Service regroupe à présent plus de 400 références MDD, soit 600 fournisseurs qui ont fourni l’analyse de cycle de vie de leur produits.

150 produits alimentaires ont été passés au crible pour expérimenter l’affichage environnemental, sur la base du volontariat des fabricants. Le projet initié par l’Ania, la FCD et l’Ademe a été confié à Bio Intelligence Service. Il s’est appuyé sur les avancées des différents groupes de travail sectoriels de la plateforme Ademe/Afnor sur l’affichage environnemental des produits de grande consommation. Le dispositif doit être mis en place dès juillet 2011 pour une première phase test d’un an avant un déploiement à l'échelle nationale.

Des données éparses

L‘approche retenue consiste en une analyse simplifiée du cycle de vie. Sur les 150 produits initiaux, 130 ont vu leur impact environnemental réellement évalué. « Certains volontaires se sont désistés. Pour d’autres, il n’était pas possible de récupérer des informations fiables », précise Olivier Jan, directeur général adjoint de Bio Intelligence Service.
Les données relatives à la composition des produits et des emballages ont été recueillies relativement aisément. La collecte des données relatives au transport et à la logistique a posé plus de difficultés, car issues de chaînes logistiques complexes et pouvant être sujettes à de fortes variations. De même, les données sur la fabrication des produits ont été difficiles à obtenir. C’est notamment le cas pour les impacts liés aux installations localisées à l’étranger, mais aussi en France lorsqu’il s’agit par exemple d’allouer la fraction correcte des consommations d’énergie à un produit.
« 20% des entreprises ont été capables de nous fournir des informations complètes, les 80% restant ont eu besoin d’un accompagnement », précise Olivier Jan.

Réduire la charge des entreprises

Les industriels demeurent sceptiques quant à la généralisation de l’affichage environnemental. « Cela ne nous paraît pas possible aujourd’hui compte tenu des données disponibles, affirme Myriam Cohen, directrice générale Nature de Danone. Les données agricoles varient beaucoup selon les méthodes de production. D’autre part, il ne faut pas sous-estimer le coût pour établir des bases de données fiables. Je ne pense pas que le consommateur soit prêt à payer pour cela. »
L’information environnementale à un coût raisonnable ne pourra se faire sans la création d’une base de données publique la plus complète possible couvrant les principaux composants et ingrédients des produits de grande consommation, qu’ils soient fabriqués en France ou en dehors. « Le groupe de travail Ademe-Afnor est en train de développer une base de données en partenariat avec les différents secteurs concernés, précise Olivier Jan. Il faut réfléchir à des simplifications pour réduire la charge des entreprises et le risque d‘erreur ». Tous les fabricants de produits de grande consommation devraient pouvoir autoévaluer l’impact environnemental de leurs produits courant 2011 grâce à la base de données Ademe-Afnor. La phase d’expérimentation débutera au 1er juillet 2011 et s’étalera sur un an. « Passé cette phase, l’Assemblée Nationale décidera d’une généralisation par procédé législatif », précise Christian Jacob, président de la commission développement durable de l’Assemblée Nationale.

Process Alimentaire - Offres d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L'AGROALIMENTAIRE

  • Une veille complète de l'actualitédu secteur agroalimentaire
  • Des enquêtes et dossierssur des thèmes stratégiques
  • Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois