L'épidémie à coronavirus impacte l'industrie agroalimentaire

24 février 2020 - Stéphanie PERRAUT

La propagation du coronavirus ne faiblit pas et met l'économie chinoise à l'arrêt. Ce qui n'est pas sans impacter l'industrie agroalimentaire française.

Lors d’une conférence de presse dimanche 23 février 2020, le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, a fait savoir que la France n’était pas à ce stade confrontée à une épidémie de coronavirus. Et qu’aucun nouveau cas de contamination n’avait été enregistré. Pour autant, la propagation ne faiblit pas au plan mondial. les derniers bilans font état de 78 000 contaminations  et de plus de 2600 décès à travers le monde. Le virus touche aujourd’hui l’Italie, et affecte très lourdement la Chine d'où est partie l'épidémie. L'économie chinoise tourne au ralenti. Les observateurs en veulent pour preuve la forte réduction du niveauxde dioxyde d'azote (NO2), qui résulte de la combustion des énergies fossiles. Selon le centre finlandais CREA (Center for research on energy and clean air), il aurait baissé de 36 % par rapport à l'an dernier. Les mesures de confinement et de restriction de circulation ont aussi abouti à une réduction des émissions de CO2 de 15 % à 40 % dans le secteur industriel.

Si, paradoxalement, les Chinois (non contaminés) respirent mieux, c’est l’ensemble de l’économie mondiale qui tousse. Selon le FMI (Fonds monétaire international), la croissance économique mondiale devrait être amputée de 0,1 point en 2020. Très concrètement, les premiers effets sur l'industrie agroalimentaire se font sentir. Pour les équipements de production notamment. Le ralentissement de l’activité industrielle chinoise entraîne des retards de livraison de composants et matériaux dans de nombreux secteurs tels que l'électronique, l'informatique, les pièces métalliques ou encore le plastique.  « En Chine, les ports et les aéroports fonctionnent très mal. Les containers sont bloqués », expliquait Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances dans une conférence de presse le vendredi 21 février. 

Des échanges mondiaux déstabilisés

La Chine est le premier importateur et second consommateur de pétrole de la planète. Le pays est aussi, depuis la fin 2019, le premier consommateur de gaz naturel liquéfié. L’épidémie de pneumonie virale se traduit déjà par un repli des cours du pétrole comme du gaz, respectivement 15 % et 16 % depuis le 1er janvier selon les statistiques disponibles sur le site spécialisé Boursorama. Le déséquilibre entre l'offre et la demande suscite aussi une baisse du prix de l'électricité. 

Au-delà des énergies et matières premières, le choc de cette demande en berne concerne aussi l’alimentation.  « Tout le parc de containers réfrigérés est utilisé et nous n’avons pas de réserve pour les flux de matières périssables », confie Agnès Pannier-Runacher. L'importation d'ingrédients principalement sourcés en Chine, comme certaines commodités, pourrait être impacté. Pour autant, la secrétaire d'Etat se veut rassurante. Selon elle, le ministère n'a pour l'heure enregistré aucune pénurie. Les marchandises expédiées avant les festivités du nouvel an chinois ne sont pas touchées et l'activité des usines semble reprendre doucement, sous réserve de levée progressive des restrictions de circulation des opérateurs.

Conséquence inattendue de la progression de la pneumonie virale, plusieurs campagnes de « spam » liées à la maladie ont été recensées. Les virus peuvent être transmis de différentes façons, par la salive, le toucher ou même par l'air. Les logiciels malveillants sont similaires en ce sens qu'ils trouvent différents vecteurs pour se propager. En janvier et février 2020, la plus importante campagne sur le thème du coronavirus a ciblé le Japon. Elle a visé la distribution du logiciel Emotet dans des pièces jointes malveillantes prétendant être envoyées par un prestataire japonais de services d'assistance aux handicapés. En parallèle, de nombreux sites web liés à des activités attirent les victimes via des discussions autour du virus ou via une offre frauduleuse de masques faciaux, vaccins et tests à domicile capables de détecter la maladie. 
 

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