L’offre bio à la croisée des chemins

24 février 2020 - Pierre Christen

La publication du dernier baromètre de l’Agence bio montre la démocratisation toujours plus grande de l’ « envie de bio ». Mais aussi l’érosion de la confiance envers les produits certifiés. Afin de mettre en valeur les efforts qui vont au-delà du minimum réglementaire, la Fédération nationale d’agriculture biologique lance son propre label « Biologique Français Equitable ».

L’Agence bio vient de publier les résultats de son baromètre annuel sur la consommation et la perception des produits bio en France. Une étude riche d’enseignements, qui confirme la place centrale qu’occupent désormais les produits certifiés bio, traversant toutes les générations. « Même si les moins de 35 ans sont ses fers de lance, l’envie de bio est partagée par toutes les tranches d’âge de la population », soulignent Philippe Henry et Florent Guhl, président et directeur de l’Agence. Avec un distinguo : les jeunes sont d’abord sensibles aux dimensions environnementales. Quand les plus de 50 ans manifestent avant tout un acte citoyen. « Au fond, une grande majorité de Français se dit prête à changer sa façon de consommer », poursuivent-ils.

A ce titre, l’Agence s’interroge sur les leviers nécessaires à la poursuite de la croissance. Au-delà du prix, le baromètre pointe l’indice de confiance quant à l’information fournie sur les produits bio. Passé sous le seuil des 6/10, cet indicateur baisse auprès de l’ensemble des Français. Chez les consommateurs de produits bio, il se stabilise à 6,3. Pour l’Agence bio, « cette perte de confiance est attribuée au greenwashing, c’est-à-dire à l’utilisation massive de l’argument écologique ». Comment restaurer le niveau d’exigence ? Pour une partie des pionniers de la bio, la réponse est dans un cahier des charges plus exigeant. Et dans la capacité à le faire connaître.

Le label Biologique Français Equitable

Un pari que veut relever la Fédération nationale d’agriculture biologique. La FNAB vient de lancer son propre label « Biologique Français Equitable ». Le cahier des charges comble un manque de la réglementation : le commerce équitable, et en particulier les conditions sociales des salariés dans les fermes. Suite à une collaboration de trois ans, le premier acteur à suivre la FNAB est l’enseigne Picard. Le spécialiste des produits surgelés lance une gamme comprenant quatre légumes (courgette, maïs, haricot vert, carotte) distribués à partir du 2 mars dans 87 magasins de Nouvelle Aquitaine et d’Occitanie. « Le marché biologique se développant, l’opportunité s’est présentée de construire des partenariats forts avec des entreprises de l’agroalimentaire sur une bio qui corresponde à nos valeurs. On a voulu commencer par une bio locale et équitable, mais nous défendons une démarche de progrès permanente », explique Stéphanie Pageot, secrétaire nationale en charge des questions économiques à la FNAB.

Une initiative bien accueillie dans le monde de la bio, mais qui pose néanmoins la question de l’ajout d’un nouveau logo dans un paysage déjà bien chargé. D’autant que la coexistence du logo AB et du logo européen, couvrant la même réglementation, ne facilite pas la lisibilité. Il s’avère que le logo français est connu par 97 % des Français, mais que son homologue européen n’atteint qu’un taux de 63 % de notoriété. Deux labels pour deux perceptions différentes. Un tiers des consommateurs de produits bio attribue une qualité supérieure aux produits identifiés par le label AB…

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