Grippe aviaire

L'UE adopte des mesures d'abattage de volailles en cas de grippe aviaire

En cas de volatile frappé par H5N1, l'abattage concerne tous les volatiles de la ferme contaminée ainsi que ceux des exploitations voisines si des cas suspects sont découverts. Il est également prévu la mise en place d'une zone de protection d'un rayon de 3 km autour du lieu où le virus aura été détecté, et d'une zone de surveillance d'un rayon de 7 km supplémentaire.Dans un rayon total minimum de 10 km, les volailles sont confinées en quarantaine, les concentrations de volatiles (marchés, concours...) et leur transport interdits, des mesures de désinfection imposées dans toutes les exploitations et la viande et les oeufs de ces exploitations sont détruits.Ces mesures s'appliquent pendant 21 jours après la désinfection totale des exploitations concernées. Pour le commissaire européen à la santé, Markos Kyprianou, la récente détection du virus H5N1 en Allemagne, en Italie et dans d'autres membres de l'UE prouve la nécessité de se préparer à l'apparition d'autres cas. "Nous devons apprendre à vivre avec le déclaration périodique de la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages mais l'UE fait tous les efforts pour limiter la grippe aviaire aux oiseaux sauvages et l'empêcher d'atteindre la volaille commerciale", a-t-il affirmé dans un communiqué.
«Les grands élevages vont s'adapter sans problème mais les milliers de petits poulaillers domestiques sont condamnés», s'émeut Jean-Philippe Viollet, le président de la Fédération départementale des Syndicats d'exploitants agricoles de la Creuse (FDSEA). Selon l'organisation, si le gouvernement et les préfets n'assouplissent pas les mesures de confinement décidées en début de semaine, les petits éleveurs (beaucoup ne sont d'ailleurs pas des agriculteurs mais des ruraux qui possèdent une basse-cour pour leur propre consommation) seront contraints de se débarrasser de leurs pensionnaires.



La FDSEA s'inquiète aussi déjà du climat détestable qui pourrait découler de cette politique dans les campagnes avec les cas de dénonciation des éleveurs indisciplinés par leurs voisins et une recrudescence de la violence entre volailles. «Quand on enferme des poules élevées en liberté, elles deviennent agressives et les attitudes cannibales apparaissent en trois jours», s'alarme Jean-Philippe Viollet. Les plus organisés procéderont à des débecquages (ablation d'une partie du bec), les moins riches abattront leurs volailles. Ça sent déjà le coq au vin dans les cours de ferme. «L'extension du confinement est une mesure disproportionnée, indique-t-on à la Coordination Rurale, et sa mise en oeuvre est prématurée.»



Du côté des grands élevages, les réactions varient selon les régions et les modes d'élevage. «Nous étions déjà soumis à des mesures de confinement, il n'y a rien de changé pour nous, témoigne Pascal Vaugarny, chargé de mission à l'association des Fermiers de Loué (Sarthe et Mayenne), nos volailles sont soumises à un régime équivalent à l'enfermement, c'est-à-dire abreuvement et nourriture sous abri et le suivi vétérinaire.» En effet, le confinement a une définition très extensible, il ne signifie pas que les gallinacées sont enfermées dans des hangars stricto sensu, il signifie plutôt qu'elles sont protégées des contacts extérieurs. La claustration est l'une des méthodes, mais il y a aussi la possibilité de rentrer les animaux pour les nourrir et de faire un suivi vétérinaire.



Le poulet de Bresse veut rester libre
En revanche, la réponse sera très difficile à trouver dans les élevages en liberté du Sud-Ouest. «Les poulets y sont élevés en liberté totale jour et nuit, ils rentrent d'eux-mêmes dans leurs petites cabanes le soir quand ils veulent dormir», souligne Eric Cachan, président du Syndicat national des labels avicoles de France. Dans l'Ain, les 300 éleveurs de volailles de Bresse, la seule à bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée (AOC), réclament des aménagements au plan gouvernemental pour que leurs volatiles puissent continuer à gambader en liberté. Seule certitude, le bien-être animal n'est pas une valeur en hausse.



Enfin, les professionnels avicoles s'inquiètent de la vaccination massive des animaux qui leur est demandée. «Je ne suis pas certain qu'il y aura suffisamment de vaccins, s'inquiète Eric Cachan, ils devraient être distribués en priorité aux reproducteurs, aux palmipèdes et dans les zones à risques.» Les laboratoires spécialisés Merial et Intervet ont chacun leur propre vaccin. «Celui de Merial est plus innovant mais ne s'adresse qu'aux gallinacées, alors que celui d'Intervet, qui bénéficie d'une autorisation temporaire de vente aux professionnels depuis le 24 janvier, est multiespèces, efficace aussi pour les palmipèdes», indique un expert. Le gouvernement est en train de se fournir en grande quantité auprès d'Intervet mais ne pourra prétendre à aucune aide de la part de Bruxelles qui ne semble pas considérer que ces vaccinations soient indispensables.


Ils sont nombreux à penser que les mesures gouvernementales vont être difficiles à mettre en oeuvre et qu'elles vont se faire au détriment du bien-être animal.




C'EST PLUS QU'UN SYMBOLE. Un pilier de la nation qui se fissure. Le coq gaulois pourrait ne plus chanter dans les basses-cours françaises, confiné avec les poules pondeuses et les poulets de chair à l'intérieur des hangars. En effet, l'une des premières conséquences du nouveau plan antigrippe aviaire pourrait être la disparition des derniers poulaillers familiaux des campagnes françaises.

Le gouvernement a décidé d'étendre les mesures de confinement des volailles à l'ensemble du territoire national provoquant une vive émotion dans les campagnes. «Les grands élevages vont s'adapter sans problème mais les milliers de petits poulaillers domestiques sont condamnés», déclare au Figaro Jean-Philippe Viollet, le président de la Fédération départementale des Syndicats d'exploitants agricoles de la Creuse (FDSEA).

embargo et vaccination

Outre la création de zones «tampons», deux embargos commerciaux ont été décrétés : contre les plumes non traitées, puis contre les oeufs et volailles de Bulgarie.
Pour ce qui est de la vaccination préventive des élevages de canards et d'oies qui ne peuvent pas être confinés et sont situés dans les zones humides à risque des départements des Landes, de Loire-Atlantique et de Vendée, la Commission européenne va étudier la demande de la France.

dépistage

La Commission européenne va financer à hauteur de 1,9 million d'euros des programmes nationaux de surveillance et tests supplémentaires afin de favoriser un dépistage plus précoce des foyers de grippe aviaire, notamment chez les oiseaux sauvages et les volailles. Ces programmes, opérationnels depuis le 1er février, se poursuivront jusqu'à la fin de l'année afin d'effectuer des tests de dépistage sur 60.000 oiseaux sauvages et 300.000 volatiles domestiques.

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