Bien-être animal

L'UE limite l'élevage à 20 poulets/m².

Contrairement à de nombreuses filières agricoles, l’élevage des poulets ne faisait jusqu’alors l’objet d’aucun encadrement législatif relatif au bien-être des animaux. Ainsi, en mai 2005, la Commission européenne a proposé un texte pour une Directive européenne pour la protection des poulets, qui fut amendé par le Parlement européen en février 2006. La mesure phare de cette Directive consistait à limiter la densité des animaux confinés dans les élevages, point critique sur lequel la France s’est ingénié à refuser le projet de Directive, entraînant plusieurs autres partenaires européens dans ses efforts pour en empêcher l’adoption.
Lundi dernier, un texte de compromis a finalement été voté lors du Conseil des ministres européens de l’agriculture. Il prévoit des niveaux de densités limités à 33 kg/m2, avec des tolérances allant jusqu’à 39kg/m2 pour les élevages dont les bâtiments sont ventilés, et 42 kg/m2 pour ceux qui pourront en outre se prévaloir de faibles taux de mortalités (- de 4%).
Pour Ghislain Zuccolo, directeur de la PMAF (Protection moniale des animaux de ferme) : « Ces niveaux de densité – environ 20 animaux par m2 - sont beaucoup trop élevés. Personne ne peut prétendre que le bien-être de ces millions d’oiseaux est assuré dans de telles conditions d’entassement. Cette mesure constitue un véritable feu vert à l’élevage intensif, alors que ces méthodes de production sont massivement réprouvées par les citoyens ».
Toutefois, le texte prévoit une révision future des termes de la Directive, sur la base de rapports scientifiques évaluant son impact réel sur le bien-être des oiseaux élevés pour la viande. Elle entrera en vigueur en 2010.

La Profession des animaux de ferme réagit

5 milliards de poulets sont élevés chaque année en Europe, dont 830 millions en France, premier producteur européen. Environ 80 % des oiseaux sont élevés intensivement, dans des hangars où peuvent être entassés de 10 000 à 50 000 individus. On y compte 15 à 24 oiseaux par m2.
Selon la PMAF (protection mondiale des animaux de ferme), les poulets sont abattus à environ 40 jours, c’est-à-dire deux fois plus jeunes qu’il y a 30 ans, car la sélection génétique a mis au point des souches d’oiseaux dont la croissance est accélérée. Les problèmes de bien-être de ces poulets sont légion : les animaux n’ont jamais accès à un parcours extérieur. La litière devient vite exécrable, saturée d'excréments et dégage une forte odeur d’ammoniac. Par la croissance accélérée, les muscles se développent rapidement, mais le coeur, les poumons et le squelette des animaux suivent difficilement cette évolution. De ce fait, des millions de poulets souffrent de douloureuses déformations des pattes ou de paralysies. Beaucoup de poulets souffrent également d’insuffisance cardiaque, d’ampoules sur la poitrine, de dermites...

Sondage Eurobaromètre

Selon un récent sondage Eurobaromètre mené à grande échelle dans les 27 pays de l’Union, 74% des consommateurs estiment pouvoir contribuer à améliorer le bien-être animal par les choix qu'ils font en matière d'achat et 57% des consommateurs sont disposés à payer davantage pour des denrées alimentaires respectueuses du bien-être des animaux.

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