Lait infantile : un été compliqué pour Danone

3 septembre 2013 - Fanny Rousselin-Rousvoal et Pierre Christen

Le 6 août dans un supermarché chinois à Binzhou, une employée repère les laits infantiles qui doivent être retirés des linéaires suite au rappel de Fonterra. Crédit : © CHEN BIN SD/IMAGINECHINA/AFP

Le marché de la poudre de lait va pouvoir reprendre ses esprits. L’alerte mondiale déclenchée début août par Fonterra a été levée en fin de semaine dernière. Elle s’appuyait sur une possible contamination à Clostridium botulinum, producteur de la toxine botulique, dans des lots de poudre de lactosérum à destination des marchés asiatiques, principalement en Chine. Les analyses complémentaires réalisées par l’administration néo-zélandaise ont finalement conclu à l’absence du pathogène dans tous les lots concernés.

On serait tenté de dire tout çà pour çà… Mais dans cette affaire Fonterra a démontré sa capacité à prendre ses responsabilités et à mettre comme priorité absolue la sécurité des aliments malgré des enjeux économiques considérables. Il faut rappeler que le lait infantile est un marché très sensible en Chine depuis le scandale du lait contaminé à la mélamine qui en 2008 avait intoxiqué 300 000 nourrissons et provoqué 6 décès.

Le groupe néo-zélandais s’est excusé pour la confusion et l’anxiété générée. Des excuses qui ne satisfont pas entièrement Danone. Sa branche Nutricia a annoncé qu’elle envisageait une action en justice contre Fonterra. Le rappel a concerné quatre usines du groupe français en Asie-Pacifique et provoqué par ricochet la rappel de certains de ses laits infantiles dans huit marchés de la région : Nouvelle-Zélande, Singapour, Malaisie, Chine, Hong Kong, Vietnam, Cambodge et Thaïlande.

L’affaire écorne l’image de Danone, jusqu’ici épargné par les scandales. Surfant sur sa bonne réputation, le groupe français avait annoncé fin mai 2013 la création de deux joint-ventures avec des géants chinois de l’agroalimentaire : Cofco et Mengniu. Danone détient plus de 15 % du marché chinois du lait infantile.

Des amendes record pour entente sur les prix

Deux jours plus tard, le 7 août, un autre coup de massue s’est abattu sur le Français. Le gouvernement chinois a prononcé des amendes contre six groupes internationaux pour entente illicite sur les prix de leurs laits infantiles. L’addition se chiffre au total à 82 millions d’euros, dont 21 millions d’euros pour Dumex, filiale de Danone. Outre la firme française, les Américains Mead Johnson Nutrition et Abbot Laboratories, le chinois Biostime, le néo-zélandais Fonterra et le néerlandais FrieslandCampina sont aussi concernés. Selon la Commission d’Etat pour le Développement et la Réforme (NDRC), les entreprises condamnées avaient « imposé des prix minimum aux distributeurs » et « prenaient des mesures de rétorsion » à l’encontre de ceux qui ne jouaient pas le jeu.

Cette procédure pourrait s’inscrire dans le cadre de vélléités protectionnistes du gouvernement chinois. Un projet de réglementation est en cours en ce sens. Les fabricants étrangers représentent désormais près de la moitié des ventes du secteur en Chine, sur un marché estimé à 25 milliards de dollars à l’horizon 2017. En 2012, les groupes français ont exporté pour 550 millions d’euros de lait infantile, dont 20 % vers l’Empire du Milieu.

>> Retrouvez l'article complet dans notre numéro à paraître le 06 septembre.

Process Alimentaire - Offres d'abonnement

LE MAGAZINE DES INDUSTRIELS DE L'AGROALIMENTAIRE

  • Une veille complète de l'actualitédu secteur agroalimentaire
  • Des enquêtes et dossierssur des thèmes stratégiques
  • Des solutions techniques pour votre usine

Profitez d'une offre découverte 3 mois