Le Brésil : futur garde-manger de l’Europe

14 novembre 2008 - Rémi Pin

Les exportations brésiliennes de viande de bœuf et de poulet ont respectivement doublé et triplé en l’espace de sept ans.

Qui a dit que le Brésil n’était que le pays du football ou de la chirurgie esthétique ? Avec une variété de sols et de climats et des ressources en eau inégalées à l’échelle d’un pays, le Brésil s’est imposé comme un pays clé de l’agriculture mondiale. Une richesse relayée par les entreprises agroalimentaires brésiliennes. Concentrées sur le marché intérieur jusqu’à la fin des années 90, elles enfoncent maintenant les portes des marchés mondiaux. Les quelques cent quarante entreprises brésiliennes venues au Sial exposer leur savoir-faire aux Européens en sont l’illustration parfaite.

Diversité

« Le Brésil est le seul pays qui produit une diversité aussi grande de produits alimentaires, de qualité et de durabilité. Ces trois caractéristiques font du pays le principal fournisseur de produits alimentaires au monde », assurait en marge du Sial Alessandro Teixeira le président d’Apex Brésil, l’Agence brésilienne de promotion des exportations et des investissements. Le Président de l’Apex n’est pas très loin de la vérité. Les exportations brésiliennes de produits alimentaires et de boissons ont augmenté continuellement depuis cinq ans. Elles représentaient 14,3 milliards de dollars en 2007 vers l’Union Européenne. Les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Espagne ont acheté 53% du total de ces exportations. La France, un peu plus en retrait, a tout de même importé 1,21 milliards de dollars de produits brésiliens.
La force du Brésil ? Assurément d’avoir su diversifier son agriculture et d’exploiter toutes les richesses de son territoire. Depuis 2004, le Brésil est le plus grand exportateur mondial de viande de poulet. L’année dernière les embarquements ont totalisé presque 3,3 millions de tonnes et une recette de devises de 5 milliards US$ dans plus de 150 pays. Les exportations de viande de bœuf ont quant à elles plus que doubler, passant d’un million de tonnes en 2001 à 2,4 millions en 2007. Moins importantes en volume, les exportations de viande de porc ont connu la même tendance : 265 200 de tonnes exportées en 2001 contre 606 500 milliers de tonnes en 2007.
Constat identique pour les exportations de fruits frais qui sont passées de 120 millions en 1998 à 640 millions US$ en 2007. Le biologique permettra sûrement aux brésiliens de faire grimper leurs statistiques. Ces dernières années, la demande en produits biologiques a été telle que l’offre n’a pas pu répondre aux besoins des marchés d’Amérique du Nord et d’Europe. Parmi les principaux acheteurs de produits organiques brésiliens en Europe, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France. Ils représentaient entre août 2006 et mai 2008, 62% des exportations brésiliennes, avec 1,7 millions d’euros en valeur pour la France.

Préparer l’avenir

La venue en force des industriels brésiliens lors de la dernière édition du Sial viendra t-elle appuyer leur folle progression ? Quelques semaines après le salon, l’Apex avance les chiffres de « quatre mille contacts établis qui ont généré des marchés d’une valeur proche de six cent millions de dollars américains ». Les industriels brésiliens ne comptent pas s’arrêter là et préparent déjà l’avenir. En plus d’améliorer leur productivité et de renforcer les standards de qualité dans leurs produits, le prochain objectif sera d’assouplir les barrières douanières de l’Union Européenne. Ils pourront compter sur l’appui des différentes fédérations ou organisations de producteurs brésiliens qui assurent le lobbying auprès de Bruxelles.

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