Les effets de la canicule sur l’activité agroalimentaire

6 juillet 2015 - Pierre Christen

Selon les prévisions météo, la période de chaleur que connaît l’Hexagone depuis deux semaines va s’installer durablement dans une grande moitié Sud de la France. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’activité agroalimentaire à court et moyen terme.

A courte échéance, les ventes de produits saisonniers connaissent un pic particulièrement marqué cette année. Pour se faire une idée, la plate-forme gratuite de Climpact-Metnext fournit des données éloquentes. Renseignée par le spécialiste de l’impact météo sur l’activité des entreprises, meteoconso.climpact-metnext.com permet d’obtenir les prévisions d’évolutions de ventes de la semaine à venir sur une dizaine de catégories de produits à sélectionner. « Lancée mi-juin en partenariat avec IRI, cette plate-forme est actualisée tous les jours », précise Marjorie Cauvin, directrice financière de Climpact-Metnext.

A titre d’exemple, la semaine dernière, on pouvait prévoir des évolutions très importantes : + 75% sur les spécialités glacées individuelles, + 83% sur les glaces et sorbets en vrac, + 62% sur les eaux aromatisées. Consultée ce jour, la plate-forme permet d’obtenir les prévisions pour la semaine prochaine (semaine 29). Celles-ci s’appuient sur un adoucissement dans le Nord Est du pays, mais sur le maintien d’un épisode caniculaire dans le Sud et particulièrement en Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur avec des maximales à 40 °C.

Les prévisions de la semaine du 14 juillet

Ainsi, comparativement à l’année dernière sur la même semaine, les ventes de glaces individuelles vont augmenter de 11 % au plan national, mais vont en fait régresser de 10 % dans le Nord tandis qu’elles progresseront de 30 % en Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Du côté des eaux plates, même configuration. Les ventes vont être comparables à l’an passé dans l’Ouest, mais vont en revanche progresser de 17 à 34 % dans tout le Sud de la France.

Les ventes de sorbets et crèmes glacées en vrac seront à la fête la semaine prochaine, avec une hausse de 18 % au national (+35 % dans le Grand Sud-Est). A contrario, les plats cuisinés, qu'ils soient surgelés, appertisés ou frais, seront à la baisse d'environ 5 % au national, mais avec un différentiel géographique marqué (ventes stables ou en hausse dans le Nord et à la baisse dans le Sud !).

Cette ambiance estivale favorise les produits destinés aux pique-niques et barbecues, sans discrimination géographique. Ainsi, les ventes de chips bénéficieront semaine 29 d’une hausse de 3 % quand les ventes de saucisses fraîches avoisineront les + 7 %. Les composés des salades estivales (maïs, thon, etc.) auront le vent en poupe.

En revanche, l’impact négatif de la chaleur sur les ventes de soupes et potages est très intense cette année, avec une baisse généralisée sur la catégorie attendue la semaine prochaine comparativement à l’année dernière : - 21 % sur tout le territoire (- 38 % en Rhône Alpes).

Inquiétudes sur les récoltes de céréales

Voilà pour les ventes sur le court terme. Le canicule génère un autre effet à moyen terme : l’impact sur les prix de certaines matières premières. Le déficit hydrique va entraîner une baisse de rendements sur de nombreuses cultures. C’est le cas particulièrement des céréales, qui bénéficiaient jusqu’alors de prévisions plutôt optimistes après une année 2014 difficile. Sauf que cette période caniculaire sévit à la pire période pour la maturation des céréales.

« Les températures de plus de 30 degrés annoncées en France sont une menace pour les rendements et la qualité de la production. Les marchés anticipent d’ores et déjà les dégâts : les cours de blé sont à la hausse », illustre Michel Portier, directeur général d’Agritel.

S’il est encore trop tôt pour évaluer précisément cet impact, il y a fort à penser que les prix seront à la hausse tant pour les productions animales (aliments pour animaux) que pour les utilisateurs de matières premières végétales.

L'impact météo sur les prévisions de ventes sur la semaine n°29 du 13/07/2015 au 19/07/2015, par rapport à la même semaine l'année passée.

A la hausse :

  • Sorbets et crèmes glacées vrac : + 18 %
  • Eaux gazeuses nature : + 16 %
  • Limonades, tonics et limes : + 15 %
  • Eaux aromatisées : + 11 %
  • Spécialités glacées individuelles : + 11 %
  • Maïs doux en conserve : + 10 %
  • Conserves de thon : + 10 %
  • Sodas et boissons aux fruits gazeuses : + 8 %
  • Eaux plates nature : + 9 %
  • Spécialités glacées à partager : + 7 %
  • Saucisses fraîches : + 7 %
  • Saucisserie de volailles : + 6 %
  • Salades fraîches : + 6 %
  • Jus de fruits : + 6 %
  • Boissons aux fruits plates : + 6 %
  • Bières de spécialité blondes : + 6 %
  • Colas : + 6 %
  • Conserves de produits de la mer (autres que thon) : + 3 %
  • Chips : + 3 %
  • Surimi : + 3 %
  • Salades de fruits : + 3 %
  • Sandwichs : + 2 %

A la baisse :

  • Soupes et potages : - 21 %
  • Crème de marrons : - 8 %
  • Purée de pomme de terre déshydratée : - 5 %
  • Plats cuisinés appertisés : - 5 %
  • Légumes secs : - 5 %
  • Plats cuisinés frais : - 4 %
  • Plats cuisinés surgelés : - 4 %
  • Confiseries chocolatées : - 4 %
  • Miels : - 4 %
  • Desserts à préparer : - 4 %
  • Conserves de tomates : - 3 %
  • Confitures : -2 %
  • Panés frais : - 2 %
  • Entrées surgelées : - 2 %
  • Desserts frais : - 1 %
  • Graisses à frire : - 1 %.

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