Inca 2

Les Français mangent un peu mieux

Lionel Lafay, co-coordonnateur de l’étude Inca 2, est responsable de l’unité Observatoire des consommations alimentaires – Epidémiologie nutritionnelle du Pôle d’appui scientifique à l’évaluation des risques au sein de la Direction de l’évaluation des risques nutritionnels et sanitaires de l’Afssa.

Process alimentaire : Grâce à une méthodologie similaire, l’étude Inca 2 a permis une comparaison directe avec les données recueillies en 1999. La situation nutritionnelle des Français s’est-elle améliorée ? Lionel Lafay :Oui, au niveau de certaines caractéristiques. Les apports énergétiques se sont stabilisés chez l’adulte et ont baissé chez l’enfant. Il y a eu une augmentation de la consommation de fruits chez les adultes et les adolescents de 15-17 ans, et une diminution de la consommation de boissons alcoolisées, ainsi que des apports de sels en provenance des aliments chez l’adulte. En revanche, la consommation de produits céréaliers et de féculents a peu augmenté et les apports en glucides, notamment en glucides complexes et en fibres, restent trop faibles. P. A. : La baisse des apports énergétiques est-elle une surprise ? L. L. :Chez l’enfant, très peu d’études ont évalué les évolutions des apports énergétiques. Chez les adultes, quelques études réalisées notamment aux Etats-Unis montrent soit une stabilisation, soit une tendance à la diminution des apports caloriques. La baisse que nous avons observée reste toutefois faible, autour de 8 % chez les enfants de 3 à 14 ans. Il y a notamment une diminution de la consommation des produits d’origine animale (viande, lait, fromages), ainsi que de celle du pain. Au global, l’apport calorique moyen est proche des recommandations. P. A. : Dès lors, comment interpréter la prévalence de surpoids ? L. L. :L’étude a montré que 14 % des enfants (3-17 ans) sont en surpoids ou obèses. C’est un niveau comparable à celui de 1999. Chez les adultes, des contraintes méthodologiques ne nous permettent pas de formuler de conclusion en termes d’évolution. Au niveau de l’alimentation, les apports restent toujours riches en lipides et pauvres en glucides, notamment en glucides complexes et en fibres. Pour étudier la surcharge pondérale, il ne faut pas considérer uniquement les apports, mais prendre en compte également la dépense énergétique. L’étude indique que le niveau d’activité physique reste insuffisant, notamment chez les jeunes filles. P. A. : N’y a-t-il pas un gradient social marqué ? L. L. :Plutôt que la catégorie sociale, l’étude a examiné les liens avec le niveau d’éducation. Elle a indiqué que les personnes ayant fait des études courtes sont plus à risques en termes de surpoids et d’obésité. Par exemple, la prévalence de l’obésité est de 27 % chez les femmes (18-79 ans) de niveau scolaire primaire contre 6 % chez celles ayant un niveau supérieur au bac. Les personnes dont la durée d’études a été la plus courte sont celles qui mangent le plus de beurre et de pommes de terre, le moins de fruits et de légumes, mais aussi le moins de produits sucrés, de pâtisseries et gâteaux et de glaces et desserts glacés. Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le numéro de septembre de Process alimentaire.

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