Agroalimentaire

Les grandes priorités de 2010

26 janvier 2010 - Josselin Moreau

Bruno Le Maire, Ministre de l'alimentation, en septembre 2009 à Rennes. Crédit : Lionel Le Saux

« 2009 a été une année calamiteuse pour l’agriculture, la plus grave crise depuis 30 ans », a indiqué Bruno Le Maire en introduction de ses vœux à la presse jeudi dernier au Ministère de l’alimentation. En toile de fond, le recul de 34% des revenus des agriculteurs et le passage de la France de la première à la troisième place des pays transformateurs d’aliments en Europe, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. Parmi le train de mesures annoncées pour faire face à la crise, le ministre a annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation. Le gouvernement prévoit aussi la création d’un grand conseil de l’agroalimentaire.

Coordination interministérielle

« Un de nos problèmes est de ne pas avoir véritablement de ministère de tutelle puisque, outre le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture, nous travaillons également avec l'Industrie, la Santé et Bercy », avait expliqué mardi dernier Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), lors de la conférence de presse de présentation du prochain salon international de l'agriculture (SIA). La création d’un grand conseil de l’agroalimentaire aurait donc pour objectif d’assurer cette coordination interministérielle pour mieux défendre les positions françaises au niveau européen. « Le décret n’est pas sorti du secrétariat général du gouvernement et rien n’est stabilisé pour le moment, précise le cabinet de Bruno Le Maire joint hier après-midi par Processalimentaire.com. Mais ce qui est sûr, c’est que nous avons besoin d’une telle instance dans le cadre de la politique voulue par le ministre ». Un texte doit prochainement en fixer les missions, la composition et le fonctionnement.

Nouveau portail alimentation.gouv.fr

Deuxième mesure - cette fois-ci officiellement annoncée la semaine dernière -, la mise en œuvre d’un programme national pour l’alimentation vise tout d’abord à améliorer l’information et l’éducation. Premier objectif, faire évoluer l’étiquetage des produits alimentaires. « La loi fixera des règles nutritionnelles en restauration scolaire et universitaire. Aujourd’hui ce sont de simples recommandations (circulaire de 2001) peu connues et non respectées », souligne Bruno Le Maire. Un nouveau portail web alimentation.gouv.fr sera consacré à la politique de l’alimentation pour le grand public.

Le ministre s’est prononcé en faveur des circuits courts et a rappelé l’engagement de l’État dans l’alimentation bio (20 % d’aliments bio en restauration collective publique en 2012). La lutte contre le gaspillage sera aussi accélérée en trouvant des solutions de valorisation des invendus sur tous les marchés d’intérêt national, comme cela se fait déjà sur le M.I.N. de Rungis.

Modèle alimentaire français

Un troisième volet de l’action ministérielle prévoit la promotion du modèle alimentaire français (Journées du patrimoine gastronomique, Salon international de l’alimentation de Paris). « Pour mieux prendre en compte l’impact économique des contraintes environnementales pour le producteur, je proposerai avec Jean-Louis Borloo une nouvelle méthode de travail dans les prochains jours », annonce Bruno Le Maire. La question de l’utilisation des bilans carbone – très défavorables aux produits laitiers carnés fortement émetteurs de CO2 – devrait faire partie du débat. Depuis le sommet de Copenhague, les lobbies écologistes ont aussi multiplié les appels au végétarisme, tel celui relayé par l’ex-Beatles Paul McCartney. L’enjeu est donc de construire une politique d’alimentation nutritionnellement saine et écologiquement responsable. Bruno Le Maire a aussi indiqué qu’une partie du Grand Emprunt soutiendra l’innovation dans les PME agroalimentaires.

Et en termes de compétitivité ?

« Je suis déterminé à ouvrir le chantier de la compétitivité de cette industrie [agroalimentaire], en concertation avec la présidence espagnole », explique Bruno Le Maire qui rappelle que la France est passée de la première à la troisième place européen des pays transformateurs en l’espace d’une année. Dans sa dernière enquête semestrielle de conjoncture économique des PME, Oseo dresse un constat moins alarmant. Contrairement à d’autres secteurs, l’activité de l’agroalimentaire a été à peu près stable en 2009 (-0,7% en moyenne) contrairement aux biens de consommation (-5,3%). Les carnets de commande sont moins dégarnis dans l’agroalimentaire qu’ailleurs. Les reculs des investissements et des effectifs sont aussi moins forts dans l’agroalimentaire. Au total, 56% des IAA envisagent de faire des investissements en 2010.

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