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Les résultats du 1er baromètre de l'innovation alimentaire

15 décembre 2014 - Amélie Dereuder

Valorial et KPMG ont fait le point sur l'innovation en agroalimentaire le 12 décembre au Centre Culinaire Contemporain de Rennes. © determined - Fotolia

Le pôle de compétitivité Valorial et le cabinet d'audit et d'expertise comptable KPMG ont réalisé pour la première fois un baromètre de l'innovation des industries agroalimentaires.Grâce à des entretiens avec une soixantaine d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs dans la zone Grand-Ouest, Valorial et KPMG ont pris un instantané de l'innovation « des » industries alimentaires. Voici les principaux résultats, riches d'enseignement.

Le premier point est que la majorité des sociétés (5/6) se considèrent comme innovantes et ont une bonne estime d'elles-même dans la mécanique d'innovation. 2/3 des entreprises se considèrent dans un secteur innovant.

72% des entreprises anticipent une stabilité ou une légère baisse sur leurs perspectives sur le marché français, du fait du cadre réglementaire et des tensions économiques.

Par contre, 55% des entreprises estiment avoir de bonnes perspectives de croissance à l'export, notamment avec la hausse de la demande sur les marchés asiatiques et américains.

D'ici trois ans, 63 % des sociétés pensent renforcer leur activité d'innovation et 33% pensent la maintenir. Quelque soit la taille des entreprises. « Les freins identifiés sont le manque de moyens humains et techniques, le besoin d'améliorer le processus d'innovation et de les rendre plus efficients », détaille Jean-Luc Perrot, directeur du pôle Valorial.

67% d'innovation produits

Parmi les différents types d'innovation, 67% des entreprises donnent priorité aux innovations produits. Le second type d'innovation privilégiée s'oriente sur les procédés, « ce qui reflète une culture industrielle et métier. Une tendance d'autant plus marquée quand on échange avec les dirigeants ou les responsables R&D », ajoute Vincent Broyé, associé du cabinet KPMG. « Ce qui ressort également du baromètre, c'est une vision plus « market pull » que « technology push ». C'est le marché qui conduit à l'innovation, la technologie est perçue comme support. »

Les moteurs de l'innovation sont deux fois sur trois liés au développement commercial (conquérir de nouveaux marchés, augmenter la part de marché) et marketing (améliorer la valeur d'usage, la qualité, élargir les gammes...).

Dans 62% des entreprises, l'innovation est pilotée par la direction générale, un chiffre qui monte à 100% pour les TPE. Dans 20% des entreprises, elle repose sur plusieurs services, et dans 13% des cas, sur le service R&D. « On voit que la culture d'innovation ne se diffuse pas encore partout dans l'entreprise. Pourtant c'est un facteur clé de succès. Dans les entreprises les plus innovantes,63% des effectifs sont concernés par l'innovation. Par contre, dans les entreprises les moins innovantes, cela ne touche que 15% des effectifs », rappelle Jean-Luc Perrot.

Peu d'indicateurs pertinents

60% des entreprises ne mesurent pas l'innovation ou n'ont que des mesures approximatives. La raison la plus souvent invoquée est le manque d'outils de pilotage pertinents. Certaines entreprises utilisent quelques indicateurs comme les revenus générés par les nouveaux produits, le nombre de produits mis sur le marché et la satisfaction client.

Selon les entreprises interrogées, les facteurs clés de succès pour une innovation réussie sont les hommes et les compétences, l'état d'esprit et l'ouverture sur une innovation collaborative. Jean-Luc Perrot temporise : « Cependant, les démarches de collaboration ont encore des marges de progrès. Les industriels gagnent à être convaincus que les bénéfices sont supérieurs aux inconvénients. »

De gauche à droite: Vincent Broyé, associé du cabinet KPMG, Pierre Weill, président du pôle Valorial, Jean-Luc Perrot, directeur du pôle Valorial.

« L'innovation est perçue comme indispensable pour les entreprises agroalimentaires. Selon moi, les attentes du marché portent sur trois points. Elles demandent beaucoup sur le prix, attente que l'agroalimentaire a accompagnée, mais qui n'est pas ce que l'on peut trouver de mieux comme création de valeur ajoutée. Il y a aussi un intérêt certain pour la praticité, la réduction du temps de repas et la facilité de consommation. Enfin, là où les entreprises devraient faire preuve d'innovation, c'est sur la qualité perçue. Ce qui n'est pas toujours évident d'une crise alimentaire à l'autre...» explique Pierre Weill, président du pôle Valorial.

D'après Valorial, ce baromètre a vocation à être reconduit tous les deux à trois ans.

Valorial et KPMG ont voulu faire le point sur l'innovation en agroalimentaire le 12 décembre au Centre Culinaire Contemporain de Rennes. De gauche à droite: Vincent Broyé, associé du cabinet KPMG, Pierre Weill, président du pôle Valorial, Jean-Luc Perrot, directeur du pôle Valorial.

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