Les ventes de fin d’année viendront-elles contrecarrer la morosité ?

22 décembre 2020 - Karine Ermenier

Sur l’alimentaire, les Français restent toujours enclins à se faire plaisir selon Nielsen. Et ce, malgré ou peut-être compte-tenu de la crise ! Pour autant, les rassemblements familiaux et amicaux qui s’annoncent limités risquent de très lourdement pénaliser les produits festifs.

Les Français auront-ils envie de décompenser et donc de dépenser en fin d’année pour contrebalancer une année compliquée ? Difficile de faire des pronostics tant l’époque reste pleine d’incertitudes. Mais des signaux plutôt négatifs laissent craindre de mauvaises performances pour les catégories festives. D’après une enquête Covid Sentiment Tracking réalisée par Nielsen après l'annonce du plan d'assouplissement des restrictions pour les fêtes de fin d’année, entre le 7 et le 12 décembre, 70% des Français affirment qu’il est peu probable qu'ils se déplacent au sein de l’Hexagone lors des vacances de Noël. 61% ont même déclaré qu'ils n’allaient probablement pas rendre visite à des amis ni à des parents. Si ces intentions se vérifient, nul doute que cela aura un impact sur les ventes de produits festifs.

 “ Même si les restrictions géographiques sont levées pour Noël, de nombreux consommateurs vont rester prudents, en s’abstenant de se déplacer et en limitant le nombre de convives, par conséquent, les quantités seront limitées. Les distributeurs doivent donc s’attendre à de plus petits paniers et des achats encore plus concentrés sur la semaine de Noël et du nouvel an”, confirme Adelin Guillon, Consultant Analytique chez Nielsen. Pourtant, nombre de catégories sont dépendantes de ces fêtes de fin d’année, comme le rappelle le cabinet d’études. Le seul mois de décembre pèse 32 % des ventes annuelles de foie gras, 34 % des pralines et bouchées sucrées, 22 % du champagne, etc.

 

Décembre est un mois capital pour beaucoup de familles de produits alimentaires. Comme en témoignent ces données issues du Nielsen Strategic Planner qui représentent le poids de ce seul mois dans le chiffre d'affaires annuel de certaines catégories, en hypers, supers, drives et magasins de proximité.

Décembre est un mois capital pour beaucoup de familles de produits alimentaires. Comme en témoignent ces données issues du Nielsen Strategic Planner qui représentent le poids de ce seul mois dans le chiffre d'affaires annuel de certaines catégories, en hypers, supers, drives et magasins de proximité.

 

Un autre facteur pourrait jouer en la défaveur des dépenses : la baisse du pouvoir d’achat. 62% des Français déclarent avoir modifié leur comportement pour économiser sur les dépenses du ménage, indique Nielsen. De plus, en juillet 2020, 22% des foyers français se déclaraient déjà touchés par une baisse de leurs revenus et étaient considérés comme « fragilisés ». De quoi comprendre que l’heure ne sera pas aux dépenses superflues. Toutefois, comme le rappelle François Dumay, Consultant Analytique chez Nielsen, “ ces économies concernent la vie en dehors du domicile, avec moins de dépenses pour de nouveaux vêtements (53% déclarent en avoir réduit l’achat), les divertissements hors de la maison (50%), ou encore des vacances ou séjours courts (34%). En revanche, la grande consommation reste un poste de dépenses qui ne subit pas la crise, et l’alimentation « plaisir » semble s’imposer comme une valeur refuge dans ce contexte morose. Même des segments plaisir qui étaient relativement mal orientés ces derniers temps, comme les chips, ont renoué avec la croissance dans le contexte particulier de l’année 2020. ” Pour autant, les ventes de chocolats et confiseries se sont retrouvées bien à la peine aux périodes de Pâques et d’Halloween. Noël sera-t-il l’exception ?

 

 

 

 

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