Pôles de compétitivité : 35 M€ pour les projets innovants

6 octobre 2008 - Josselin Moreau

L’État et la Caisse des Dépôts (CDC) comptent financer jusqu’à 35 M€ par an de projets innovants issus des pôles de compétitivité. Fort des 500 projets de Recherche et Développement collaborative déjà mis en place depuis 2006 par les pôles pour un montant total de 3 milliards d’euros, le gouvernement a lancé la semaine dernière une deuxième phase destinée à relancer les clusters français depuis l’audit réalisé en juin dernier. Cette fois-ci, l’initiative des pouvoirs publics prend la forme d’un appel à projets destiné à financer les équipements et les services venant en soutien à la Recherche (incubateurs, pépinières, hôtels d’entreprises, etc). Objectif : poursuivre la politique de soutien à l’innovation et à la coopération entre les entreprises, les organismes de recherche et les centres de formations sur l’hexagone. Dans la convention signée avec l’État, la CDC s’engage à financer d’ici cinq ans 20% des PME de croissance des pôles à vocation mondiale, ou l’investissement dans l’immobilier d’entreprises et l’immobilier spécialisé. La CDC apportera des crédits d’études permettant de valider les modèles économiques, et pourra investir dans les structures de portage et de gestion de ces plates-formes. La première phase de pré-sélection des projets se clôture le 2 décembre 2008 à 12h.

Les pôles au rapport

Dès la diffusion des résultats de l’audit réalisé par les cabinets Boston Consulting Group et CM International le 26 juin 2008 à Limoges, Nicolas Sarkozy avait annoncé la prolongation pour trois ans de la politique nationale des pôles de compétitivité avec une enveloppe globale de 1,5 milliards d’euros pour la période 2009-2011. Seule exception, les treize pôles ayant été jugés les moins efficaces par rapport aux objectifs ciblés subiront une évaluation supplémentaire réalisée d’ici un an. En agroalimentaire, il s’agit des pôles Innoviandes, Parfums-Arômes-Senteurs-Saveurs, Pôle Filière produits aquatiques, Prod’Innov et Q@LI-MEDitérranée.

Éléments de réponses

Dans le courant de l’été, plusieurs pôles « mal classés » ont réagit aux conclusions de l’audit. Innoviandes a déploré l’analyse a posteriori de cabinets faisant fi de l’expérience acquise et « du rôle central que jouent les centres techniques dans la chaine de R&D en particulier dans le secteur alimentaire ». Le Pôle halieutique de Boulogne-Sur-Mer a quant à lui revendiqué sa spécificité : « On nous reproche de n'être qu'un pôle de filière, estimait Thierry Missonnier, son directeur, dans une entretien donné à lavoixexo.com. Mais nous le revendiquons. Le ministre Michel Barnier le reconnaît lui-même, la filière pêche ne s'en sortira que par la valorisation. Nous nous inscrivons totalement dans cette logique. » De son côté, le pôle Prod’Innov publiait sur son site Internet plusieurs éléments de réponses démontrant l’intérêt économique d’une structure coopérative à la frontière entre la santé et l’alimentation : « Le Pôle est en parfait ordre de marche, les responsabilités de chacun sont établies et les objectifs du pôle fixés. La réorganisation [NDLR : en Domaines d’Actions Stratégiques multidisciplinaires], amorcée depuis l’Assemblée Générale du 8 avril 2008 est opérationnelle. »

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