Eco-conseillère de formation, Fanny Penet est consultante associée et, depuis 2009, directrice des opérations chez O2M Conseil, cabinet conseil spécialisé dans le Bilan Carbone / BEGES, Le Compte CO2 , l'éco-conception et l'analyse de cycle de vie, la formation et l’accompagnement en développement durable.

Rapport du GIEC : quelles conséquences pour le monde agricole ?

29 octobre 2021 - Karine Ermenier

TRIBUNE. Publié au cœur de l’été, le sixième rapport du GIEC démontre qu’il est urgent d’agir contre le réchauffement climatique et que le secteur agricole peut jouer un rôle décisif.  L’analyse de Fanny Penet, directrice des opérations au sein du cabinet 02M.

Publié le 9 août dernier, le sixième rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) sur le dérèglement climatique n’a pas fini de livrer ses enseignements. La température moyenne sur Terre a augmenté d’1,1°C par rapport à la période 1850-1900. Pour un être humain, c’est comme passer de 37°C à 39,5°C. Le constat ne souffre d’aucune contestation : l’écosystème est malade. Quelle en est la cause ? Là aussi, nul doute : les émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, qui ne cessent de croître depuis 1900.

Atténuer mais aussi s'adapter au changement climatique

Les conséquences pour l’agriculture, qui représente en France 19 % de ces émissions, sont déjà nombreuses et visibles. Avec des impacts directs sur l’alimentation humaine et animale, en prix et en qualité. Ainsi l’enjeu n’est plus seulement d’atténuer le changement climatique mais aussi de s’y adapter. Dans la Drôme par exemple, la demande moyenne en eau pour le maïs est passé de 2000 à 3000 m3/ha/an à cause de l’aridification. En Lozère, la productivité fourragère a baissé de 25% entre 1980 et 2006, à cause de la dégradation du sol (salinisation, acidification). En Pays de Loire, on observe une stagnation des rendements après une hausse constante depuis 35 ans. En juin dernier, les orages de grêle en Haute Saône ont détruit la plupart des cultures et le gel a provoqué 40% de pertes de bourgeons de vignes en région bordelaise. A l’avenir, ces événements vont se répéter davantage. A ce jour, le marché mondial participe à combler les manques, mais les scénarios du GIEC font état d’une aggravation de la situation. Par exemple, sur les récoltes de blé, déjà estimées à -2% tous les 10 ans par l’ONU en 2014. La conclusion est claire : le marché agricole va se tendre encore plus. Et les conséquences déjà dramatiques vont générer des réactions en chaîne.

Repenser urgemment nos régimes alimentaires

Alors que faire ? Des solutions existent pour que le monde agricole réduise ses émissions : changement des modes de production, séquestration du carbone par les sols, vente en circuit court, diversification…. La France s’est engagée à réduire de 46% les émissions de l’agriculture à horizon 2050. Selon les experts du GIEC, le secteur agricole contribue à 40% des émissions de méthane du fait des élevages. En réduisant ses émissions  de méthane de 45%, le secteur agricole peut éviter + 0,3°C de réchauffement. Une avancée qui contribuerait significativement à l’objectif de se maintenir en-dessous des 2°C de hausse de la température moyenne sur Terre, une priorité qui doit être partagée par tous. Cette évolution ne pourra se concrétiser sans repenser urgemment nos modèles économiques et nos régimes alimentaires.

Eco-conseillère de formation, Fanny Penet est consultante associée et, depuis 2009, directrice des opérations chez O2M Conseil, cabinet conseil spécialisé dans le Bilan Carbone / BEGES, Le Compte CO2, l'éco-conception et l'analyse de cycle de vie, la formation et l’accompagnement en développement durable.
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