Réchauffement climatique : ultime avertissement du GIEC

13 août 2021 - Pierre Christen

Dans le premier volet de leur sixième rapport d’évaluation, attendu dans sa version complète en 2022, les scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Un dernier avertissement, avant que la somme des dégâts causés ne devienne irréversible.

Selon les estimations du rapport, la limitation du réchauffement planétaire aux alentours de 1,5 °C, ou même à 2 °C, au cours des prochaines décennies, va devenir irréalisable sans réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre. Une conclusion qui s’appuie sur les données les plus avancées en matière de science climatique. « Nous avons aujourd’hui une image beaucoup plus claire du climat passé, présent et futur, affirme Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Groupe de travail I du GIEC. Ce rapport nous confronte à la réalité ». Sachant que depuis l’ère industrielle, l’augmentation de la température liée aux émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines est déjà de 1,1 °C.

Pour quelles conséquences à terme ?

Selon les experts, à 1,5 °C, les vagues de chaleur seront plus nombreuses, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes. Avec une hausse de 2 °C, les chaleurs extrêmes atteindraient plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l’agriculture et la santé publique.

Il ne s’agit pas seulement de température, mais aussi de chaleur, froid, pluie, neige, sécheresse, vent, inondations côtières et autres. Le changement climatique intensifie le cycle de l’eau et modifie la répartition des pluies. Ce qui va contribuer à intensifier les pluies et les inondations, augmenter les précipitations en altitude, mais les diminuer dans les régions subtropicales, et déclencher des sécheresses dans certaines régions. Les zones côtières vont être directement impactées par l’élévation du niveau des océans. Les écosystèmes marins vont être perturbés. Tandis que les effets du changement climatique pourraient se ressentir plus intensément dans les villes.

La liste des conséquences du réchauffement planétaire s’apparente à une véritable litanie. «Il est clair depuis des décennies que le climat de la Terre change, et l’incidence des activités humaines sur le système climatique est incontestable», déclare Valérie Masson-Delmotte. Mais le rapport montre qu’il est encore temps d’agir et que les actions humaines peuvent encore déterminer l’évolution du climat à venir. « Il faudra, pour stabiliser le climat, procéder à des réductions fortes, rapides et soutenues des émissions de gaz à effet de serre et ramener à zéro les émissions nettes de CO2. La limitation des autres gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques, en particulier le méthane, pourrait être bénéfique pour la santé publique comme pour le climat », ajoute Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail I du GIEC.

Le résumé à l’intention des décideurs de la contribution du Groupe de travail I au sixième Rapport d’évaluation, ainsi que des documents et informations supplémentaires, sont consultables ici.

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