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L’instant "apéritif" séduit de plus en plus

Pierre Christen |  14 Mai 2018 | 

Du côté des produits alimentaires consommés à l'apéritif, les charcuteries apéritives tiennent le haut du pavé de la croissance, suivies par les tartinables frais et les légumes apéro. Crédit : Fotolia.

Avec la montée en puissance de l’apéritif dînatoire, les produits d'apéritif investissent désormais tout le repas. « C’est une réponse adaptée pour toucher les cibles les plus enclines au hors-domicile », affirme Marie-Aude Lerin-Joarlette, directrice usage de Kantar WorldPanel. Un constat qu’elle a explicité lors du 12ème Consumer Day, organisé fin mars par le panéliste, en s’appuyant sur FoodUsage, le carnet de consommation en continu, alimenté par 530 individus par semaine (soit 27 000 par an), depuis janvier 2014.

Le goût pour le hors-domicile et la tendance à la déstructuration des repas offrent un contexte favorable à l’apéritif. La part des déjeuners et dîners pris à domicile diminue : elle est de 68 % en 2017 contre 71 % en 2017, une érosion encore plus marquée chez les plus jeunes. Dans le même temps, les repas pris à domicile se contractent autour du plat principal. Face à cette évolution des usages, cet instant de consommation tire son épingle du jeu.

1,3 million d'occasions supplémentaires par semaine

Présent dans 7 % des repas, l'apéritif occupe progressivement de solides positions. Depuis 2014, il a grappillé 4 % d’occasions de consommations supplémentaires, soit 1,3 million de plus par semaine. Au total, l’apéritif réalise 39 millions d’occasions de consommation par semaine à domicile en France. Son potentiel reste entier, puisqu’il ne représente qu’un individu sur trois et à une fréquence de 1,9 fois par semaine.

Transgénérationnel, tout le monde s’y adonne, particulièrement les urbains et les plus de 50 ans, à l’exception des millenials sans enfants, qui, eux, préfèrent sortir et privilégient le hors-domicile.

Des valeurs de convivialité

Ce moment véhicule des valeurs de partage, de convivialité, de fête, et donc de plaisir. Il réunit en moyenne 2,6 personnes et se compose de 2,7 produits, à 80 % issus des placards et consommés directement sans cuisson. Le plus souvent un mix boisson (alcools, vins ou bières) et aliment simple (biscuits salés, chips et fruits ou graines salées). « Mais les jeunes générations portent un désir de sophistication et de prémiumisation », souligne l’experte. Pour les moins de 50 ans, quatre fois sur dix, les produits sortent du réfrigérateur. Et subissent une cuisson une fois sur dix .

Les boissons offrent la meilleure croissance en nombre absolu d’occasions. Par exemple, les bières tendances, fruitées, aromatisées sans alcool sont passées de 32 à 44 % en poids valeur. Du côté des produits alimentaires, les charcuteries apéritives tiennent le haut du pavé de la croissance, suivies par les tartinables frais et les légumes apéro. « L’apéritif est ainsi propice à de nouvelles expériences proposées par les rayons historiques, mais plus seulement », conclut-elle.

Retrouvez nos articles sur ce thème dans le numéro de juin 2018 de Process Alimentaire, en particulier le reportage "Paso Traiteur fleurit l'apéritif".