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Les pôles de compétitivité se mettent à l'heure européenne

Pierre Christen |  11 Mars 2019 | 

Créés en 2004 pour redynamiser la politique industrielle française, les pôles de compétitivité sont devenus des acteurs majeurs de l’innovation collaborative. Suite à un appel à candidatures lancé en juillet 2018, le gouvernement a désigné les structures labellisées pour la phase IV (2019-2022). 48 pôles ont obtenu le précieux sésame sur toute la période, et six d’entre eux ont été « repêchés » pour une durée d’un an. Un processus de désignation durant lequel Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a souligné de manière appuyée le travail partenarial développé avec les conseils régionaux. Car cette nouvelle phase s’inscrit dans une trajectoire de désengagement progressif de l’État. Le soutien des régions, dont l'engagement maintenu, en est d'autant plus crucial. Pour l’avenir, le financement des pôles va aussi devoir s'appuyer plus amplement sur la dimension européenne.

Ceci passe par l'obtention d'une taille significative, qui dans le domaine alimentaire, a conduit au rapprochement des pôles Terralia et Pass. Ces deux pôles ont déposé un dossier unique qui a été labellisé. En plus du soutien de l’État, la nouvelle entité, baptisée Alimentation Bien-être Naturalité (ABEN) bénéficie de l'appui des régions Sud-Provence Alpes Côte d’Azur et Auvergne Rhône-Alpes. Son positionnement correspond à toute la chaîne de valeurs du végétal, de l’agriculture aux produits finis, sur quatre grands marchés : alimentation et boissons, ingrédients santé et compléments alimentaires, cosmétiques, ingrédients pour arômes et parfums. Soit un écosystème de 450 membres et 5000 chercheurs. Ce pôle « grand Sud-Est » a quatre grands axes d’innovation : durabilité, procédés éco-performants et usine du futur, sécurité des produits et performance sensorielle, nutritionnelle et bien-être. Implanté à Avignon, Grasse et Lyon, il a pour objectif d'atteindre 600 membres en 2022.

Atteindre une taille significative pour peser à l'échelle européenne

Un effet de taille qu'ont recherché les pôles Valorial et Agri Sud-Ouest Innovation (Agri SOI). Sans fusionner, les deux pôles vont intensifier leurs collaborations, dans une forte logique de complémentarité géographique (le grand Ouest pour Valorial, le Sud-ouest pour Agri SOI), et de compétences. Pôle d’origine alimentaire, Valorial va embrasser davantage les questions agricoles et Agri SOI va emprunter le chemin inverse. « Nous allons ajouter des cordes à notre arc, explique Jean-Luc Perrot, directeur de Valorial. En écho à la transition alimentaire, environnementale et numérique, il s’agit de considérer que la valeur d’un produit alimentaire relève de plus en plus de ses caractéristiques de production : bien-être animal, sans antibiotique, sans phytosanitaires. »

Et bien entendu de postuler ensemble à l’échelle européenne. « On va peser 40 % de l’économie agri-agro française, soit le premier bassin européen, ce qui va nous rendre encore plus attractif », souligne Jean-Luc Perrot. Valorial a d'ailleurs l'intention de passer de 1,5 projet européen par an à 12 par an en 2022. « C'est une demande de l’État, mais aussi de nos adhérents, qui veulent s’ouvrir aux collaborations à l'échelle européenne ». Une orientation qui va se traduire dès mardi 12 mars avec les actions de networking international organisées sur l'espace « Usine Agro du Futur », lors du salon CFIA, qui ouvre ses portes mardi 12 mars au Parc Expo Rennes Aéroport.

Amplification du développement international

De son côté, le pôle Vitagora, basé à Dijon, a également reçu sa labellisation pour quatre années complémentaires. Deux pistes d’action ont été retenues : l’amplification du développement international et le renforcement de l’écosystème territorial de Vitagora. Des actions sont déjà en cours tels que le déploiement de l'équipe « Partenariats Europe et international » et le renforcement du partenariat avec le pôle Industries & Agro-Ressources autour du rayonnement européen.

Implanté à Lille, le pôle Nutrition Santé Longévité a également été labellisé pour quatre ans. Aquimer a obtenu de son côté le label pour une durée d'un an, prolongeable à quatre ans sous conditions.