Process Alimentaire / À la une / Pourquoi ces entreprises alimentaires prennent la Route du Rhum

Pourquoi ces entreprises alimentaires prennent la Route du Rhum

Pierre Christen |  5 Novembre 2018 | 

Pour Charal, le rapprochement avec Jérémie Beyou signe la volonté de viser les premières places.

Que recherchent les entreprises alimentaires engagées dans le sponsoring d'un navigateur ? Partager avec leur skipper les émotions que seule l’aventure en solitaire sur une mer déchaînée sait procurer. Et obtenir une visibilité unique associée à cette folle audace de traverser l'Atlantique. Des valeurs qui séduisent. Sur les 123 participants de la Route du Rhum, qui se sont élancés ce week-end de Saint-Malo, pas moins de 15 entreprises alimentaires sont représentées.

Sodebo joue la carte Ultime

Peu d’entre elles ont en ligne de mire le record de Loïck Peyron qui lors de la dernière édition en 2014 a rejoint Pointe-à-Pitre en Guadeloupe en 7 jours, 15 heures et 8 minutes… C’est le cas cependant de Sodebo, qui concourt dans la catégorie des Ultimes (6 participants), ces véritables géants des mers. Mais pour l’entreprise vendéenne, le coup dur est venu ce lundi matin. Alors que SodeboUltim évoluait en seconde position dans le Golfe de Gascogne, le carénage du bras avant bâbord du bateau s’est cassé. « Bateau dérouté vers La Corogne. Thomas Coville va bien. L’équipe cherche une solution pour sécuriser le skipper et le bateau », annonce l’entreprise sur son compte Twitter.

Plus du quart des Imoca sponsorisés par une marque alimentaire

Dans l’autre catégorie de voiliers prévus pour foncer à toute vitesse - les Imoca - six entreprises alimentaires participent à la compétition sur un total de 20 participants. C’est le cas de Charal avec un voilier barré par le chevronné Jérémie Beyou, de La Mie Câline avec Arnaud Boissières, de Saint-Michel avec Yann Eliès, de Sirops Monin avec la franco-allemande Isabelle Joschke, de La Fabrique (marque de biscuits de la PME suisse Cornu) avec le jeune Alan Roura, ou encore de Maître Coq (groupe LDC) avec un voilier piloté par le chef d’entreprise Yannick Bestaven.

La filiale de LDC souligne porter avec lui "l’esprit d’innovation et d’entreprise et un attachement profond pour le dépassement de soi et l’envie de réussir". Le skipper est en effet co-inventeur de l’hydro-générateur, un système utilisé dans le monde de la navigation. Maître Coq défend aussi l’intérêt du projet en interne : "il fédère et engage tout autant qu’il sert la notoriété de la marque".

"Ce projet sportif dope l’esprit d’équipe en interne", confirme, pour sa part, Olivier Monin, le dirigeant de l’entreprise éponyme.

Une opportunité pour innover avec de nouvelles recettes à bord

Pour Charal, le rapprochement avec Jérémie Beyou signe la volonté de viser les premières places. Son voilier se présente comme l’un des Imoca les plus récents. Fait de course, le skipper vient de connaître une avarie de barre, et s'est dérouté vers Brest. Au-delà de l'aspect sportif, et outre les animations sur le village, la filiale de Bigard profite de la compétition pour innover en lien avec l’avitaillement en course. Deux recettes exclusives à base de bœuf ont été imaginées (un bœuf bourguignon et des boulettes), qui peuvent se conserver à température ambiante tout en gardant leurs propriétés nutritionnelles.

En la matière, l'exemple emblématique provient sans nul doute de Christian Guyader, p-dg de Guyader Gastronomie, qui participe à la compétition dans la catégorie Multi. Comme toujours avec l'audacieux chef d'entreprise breton, l’innovation est au rendez-vous. Le responsable R&D de Guyader Gastronomie, Sylvain Barrot, a été en charge des produits de la Route du Rhum à trois niveaux différents : les produits destinés à la vente pour l’occasion, ceux servis aux clients et invités sur le stand du village et ceux que son p-dg va consommer en mer. Ces derniers ont été développés en collaboration avec Virginie Auffret (Nutri & Co).

"Nous lui avons expliqué que nous recherchions des bons produits, équilibrés et faciles à digérer, ce qui est toujours mieux en bateau . Elle a vite compris ce qu’on attendait et nous a proposé cinq ou six recettes que Sylvain a adaptées, explique Christian Guyader. L’étape suivante a été de les passer en production dans des sachets souples. Le résultat est très bien". Au menu : un filet mignon de porc au pesto avec un blésotto, un parmentier de bœuf à la purée de patate douce, une truite avec un risotto de sarrasin et potimarron, un poulet mariné sauce butternut et liguines puis une joue de bœuf aux légumes pour accompagner riz et pâtes. Christian Guyader, qui nous a promis, un sourire dans la voix, d’être revenu pour intervenir lors de notre événement Meet’in Agro – Les Rencontres de l’Agroalimentaire , le 6 décembre à Paris… !

Des actifs nutritionnels éprouvés par Gildas Breton

Dans cette catégorie des Multi, le fournisseur d'actifs nutritionnels Activ’Inside a misé sur Gildas Breton, qui joue à plein la mise en valeur du sponsor. Pour protéger sa peau, ilprendra SkinAx, un antioxydant nouvelle génération développé par la société bordelaise. Ce skipper amateur expérimenté est par ailleurs le directeur scientifique de... Polaris, spécialiste français des huiles naturelles enrichies en oméga-3 issues de poissons et micro-algues. Pour améliorer sa qualité de sommeil, réduire son anxiété et optimiser sa prise de décision, le navigateur affirme avoir augmenté sa consommation de compléments alimentaire à base d'oméga-3 de Polaris.

On retrouvera aussi un bateau sponsorisé par Olmix, le groupe spécialisé dans l’alimentation animale à base d’algues qui investit dans ses outils de transformation en Nord Bretagne. A la barre du navire, un scientifique, Pierre Antoine, géologue et directeur de recherche au CNRS.

Du côté des Multi 50 (six participants au total) - des trimarans de 15 mètres - sont présents : Réauté Chocolat avec Armel Tripon et Mix Buffet avec Erwan Le Roux. Le spécialiste de la salade fraîcheur justifie sa première participation à la Route du Rhum par la volonté de promouvoir sa nouvelle marque snacking : Mix, qui s’est lancée en octobre sur le segment des pizzas.

Des convictions environnementales pour Fleury Michon Bio

La grande catégorie des Class 40 (53 inscrits avec ces bateaux de 12 mètres) comptent plusieurs entreprises agroalimentaires en lice : Chocolats Paries sur un bateau piloté par Jean-Baptiste Daramy, Campagne de France (Maîtres Laitiers du Cotentin) avec la britannique Miranda Merron ou encore Fleury Michon bio avec la jeune navigatrice Morgane Ursault-Poupon.

Fleury Michon avait soutenu Philippe Poupon de 1982 à 1994. Le navigateur avait d’ailleurs remporté l’édition de 1986 et la marque avait durant cette période fait un bond de notoriété. C’est désormais sa fille que le groupe vendéen soutient pour son retour dans la voile. "Ses convictions en matière de préservation des ressources marines, de protection des espaces naturels et sa vision du rôle de l’être humain sur le devenir de la planète résonnent parfaitement avec les engagements de Fleury Michon", assure Grégoire Gonnord, président du conseil d’administration.

Enfin, dans la catégorie des Mono, c’est une initiative originale qui fait parler d’elle : Café Joyeux, pour le lancement d’une nouvelle marque de café en France selon deux formats : en grains et en capsules, produits par des personnes en situation de handicap mental ou cognitif.

Autant d'engagements qui vont profiter de la couverture médiatique de cet événement hors-norme, après un démarrage en fanfare, avec 1,3 million de visiteurs sur le village de départ et plus de 20 000 personnes dimanche au départ près du Cap Fréhel.