Process Alimentaire / Ingrédients / Le dioxyde de titane interdit dans les denrées alimentaires dès 2020

Qualité

Le dioxyde de titane interdit dans les denrées alimentaires dès 2020

Marjolaine Cérou - Amélie Dereuder |  22 Avril 2019 | 

Quelques jours après la publication de l’avis de l’Anses, le gouvernement s’est finalement prononcé pour l’interdiction du dioxyde de titane. L'exclusion de l’additif dans les denrées alimentaires sera effective dès le 1er janvier 2020. Crédit : Adobe Stock.

Dernier rebondissement pour le dioxyde de titane ? L’additif alimentaire E 171, soupçonné d’être cancérigène pour l’Homme, sera prohibé dans les denrées alimentaires dès 2020. Quelques jours après la remise de l’avis de l’Anses , les ministres de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et la secrétaire d’État, Brune Poirson, ont signé un arrêté suspendant la mise sur le marché des denrées contenant l’additif à compter du 1er janvier 2020. Une application du principe de précaution.

En janvier dernier, Bruno Le Maire avait demandé à l’Anses d’accélérer ses travaux afin d’avoir des preuves supplémentaires avant de signer l’interdiction de l’additif - utilisé pour ses propriétés opacifiantes et colorantes - tel que prévu dans l’article 53 de la loi Alimentation. Dans ses conclusions publiées le 15 avril, l’Agence nationale réitère ses recommandations de 2017 « dans l’attente d’une meilleure caractérisation du danger et des risques du E 171 ». Le manque de données pour l’évaluation des risques liés à l’utilisation de l’additif - des informations qui auraient du être données par les fabricants de l’additif -, et l’absence de dose journalière admissible ont à nouveau été pointés du doigt.

Ces éléments ont conduit le gouvernement à interdire le dioxyde de titane pour « garantir un haut niveau de sécurité sanitaire de l’alimentation ». Cet arrêté sera notifié à la Commission européenne et des États-membres, qui se réuniront dans un délai de dix jours pour l'examiner. Pour rappel, la demande avait été faite auprès de la Commission européenne de prendre des mesures afin de suspendre l’autorisation jusqu’à réévaluation complète par l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Une interdiction largement anticipée

Côté transformateurs, la publication de la loi Alimentation avait annoncé la disparition du dioxyde de titane (lire Juillet 2018, p.44). Plusieurs fabricants se sont déjà engagés à retirer le dioxyde de titane de leurs recettes. Le dernier en date, Mars Wrigley Confectionery France, a annoncé fin 2018 un investissement de 70 M€ pour retirer le dioxyde de titane des M&Ms. McCormick a également annoncé sa suppression dans les produits de la marque Vahiné. Le Syndicat des confiseurs de France a aussi affirmé l’engagement de ses adhérents à supprimer l’utilisation du dioxyde de titane. C’est le cas de Carambar, Verquin ou encore Lutti. Les enseignes adhérentes à la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), dont Auchan, Carrefour, Casino et Système U, s’engagent aussi à supprimer les nano-ingrédients de leurs produits à marque de distributeur.