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Qualité

Aptitude au contact : 10 % de non-conformités pour la DGCCRF

Marjolaine Cérou |  12 Juin 2017 | 

La DGCCRF a livré les résultats de sa campagne de contrôle sur l’aptitude des matériaux et objets destinés à entrer en contact avec les aliments. Au total, sur les 1 895 contrôles réalisés, un taux de non-conformités de 10 % a été relevé.

L’aptitude des matériaux et objets destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires est un vrai enjeu de santé publique, l’objectif étant d’éviter toute migration de l’emballage vers l’aliment au risque de contaminer le consommateur. La Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié les résultats de son enquête menée au cours de l’année 2015.

Les interventions ont été conduites chez les responsables de la première mise sur le marché de matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (MCDA), les grossistes et chez les détaillants. Au total, sur les 1 895 contrôles réalisés, un taux de non-conformités de 10 % a été relevé.

Plastiques : 12 échantillons non conformes

La campagne s’est focalisée sur les conditionnements en plastique, légiférés par le règlement UE 10/2011. Douze échantillons ont été évalués comme non conformes dont six produits en mélamine jugés à caractère dangereux. Une barquette a aussi été signalée suite à un problème de migration. D’autres cas ont été répertoriés sur des équipements du quotidien à l’instar d’une boîte à goûter (présence d’un phtalate interdit) ou encore d’une pince à cuisine jaune en raison de la migration du colorant.

Un focus a été réalisé sur les perturbateurs endocriniens, notamment pour vérifier l’absence de bisphénol A dans les biberons et les articles destinés à l’alimentation infantile. Celui-ci n’a pas été détecté sur les analyses menées.

Des phtalates retrouvés dans des bocaux

Des phtalates ont été mesurés dans neuf échantillons d’aliments : dans des poivrons rouges braisés à l’huile d’olive conditionnés dans un bocal en verre avec joint en caoutchouc, une préparation culinaire à base d’huile, ainsi que dans un pesto au basilic frais contenu dans un bocal en verre fermé par un couvercle métallique avec un joint.

Sur les 51 prélèvements réalisés sur des articles en matériaux inorganiques (articles de tables, plats, pots, billes de cuisson, coupelles, verrines…), 11 non conformités ont été mises en évidence : migration d’aluminium supérieure au niveau maximum admissible, dépassement des teneurs en aluminium et en plomb, etc. Par ailleurs, dans le cadre de la recherche exploratoire du baryum, huit articles en céramique montraient des migrations significatives (billes de cuisson, gobelets, cassolette, coupelle).

D’autres matériaux ont fait l’objet de prélèvements (métaux recouverts ou non d’un vernis, élastomères silicone ou caoutchouc, composants de résines, bouchons en liège). Neuf non-conformités ont été relevées. Il s’agit de trois articles en élastomère silicone et d’un saladier en caoutchouc, de deux coupes métalliques (plomb et phtalate), d’un égouttoir en « fibres de bambou » composé essentiellement de matières plastiques et d’une sauteuse avec un revêtement présenté comme étant en « céramique » mais en réalité constitué d'un matériau organique à base de matières synthétiques.

Une connaissance de la réglementation aléatoire

Pour le secteur agroalimentaire en particulier, cette campagne met en avant les bonnes connaissances de la réglementation. Toutefois, elle a également mis en exergue un manque de rigueur dans les déclarations de conformité. Selon les experts de la DGCCRF, la documentation technique et les autocontrôles effectués sont insuffisants ou incomplets chez les responsables de la mise sur le marché de matières plastiques. Enfin, elle souligne que les importateurs disposent de peu d’informations concernant les procédés de fabrication, la composition des matériaux et les essais d'inertie effectués par leurs fournisseurs.