Une fin de ligne en pleine mutation
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- Auteur : Hugo Marc
Le secteur du produit emballé est marqué par une contrainte d’encombrement surfacique de plus en plus importante, due notamment à un contexte réglementaire plus strict sur les extensions immobilières horizontales avec la loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette). Progressivement, à l’image de la nouvelle plateforme logistique de Suntory, les bâtiments ainsi que les process se verticalisent pour gagner en capacité de production tout en gardant la même emprise au sol.
Contrainte d’encombrement de surface
Dans cette logique de verticalité, Promalyon met en avant une nouvelle génération de palettisation multi-niveau centralisée pour répondre aux enjeux de densification des lignes. La solution repose sur une architecture verticale, avec une répartition des zones de préparation et de stockage en hauteur. Au centre, les robots de palettisation équipés de préhenseurs multiformats saisissent les palettes pour les poser sur différents étages. Après 18 mois de R&D, l’équipementier a installé sa première solution chez Nemera, un fabricant de pompes et de valves pour les laboratoires pharmaceutiques. Par cette approche verticale, la solution centralisée a réduit de 30 % l’emprise au sol, tout en conservant les cadences et flux existants.
Avec ce système de palettisation multi-niveau centralisée, Promalyon a réussi à maintenir la même cadence sur 30 % d’espace en moins pour une entreprise de la pharmaceutique
De son côté, Marceau participe aussi à la prise de hauteur de l’intralogistique, avec les élévateurs de palettes Montepal. Avec ce système, le constructeur automatise les flux de produits palettisés entre les différents niveaux de production et de stockage des bâtiments. Capable de transporter des charges de 2 000 kg sur des cadences de 145 palettes par heure, l’équipement est conçu pour le transport de palettes bois, plastiques, caisses fils, etc. Avec une nouvelle version inox, le Montepal peut manutentionner des produits dans des environnements humides, saumures et salles blanches. Le fabricant propose aussi une conception adaptée au travail en chambre froide, avec un modèle qui performe jusqu’à - 25 °C.
Limiter les tâches à faible valeur ajoutée en automatisant
Autre axe d’évolution, les solutions automatiques se multiplient sur les lignes de conditionnement pour limiter les tâches à faible valeur ajoutée. Objectif : réduire les risques de troubles musculosquelettiques et diminuer les coûts de fin de ligne. Sur le volet ergonomique, HMI-MBS présente un système de cerclage de palette « intelligent », l’Ergopack Xpert. Grâce à un système breveté de lance chaîne, la solution cercle les palettes sans que l’opérateur ait besoin de se pencher ou de circuler autour de celles-ci. L’équipement réduit ainsi la pénibilité au travail. Adaptable à tous types de formats, le système semi-automatique s’intègre facilement dans les process de palettisation. Mobile et autonome, l’Ergopack Xpert optimise aussi la productivité de la fin de ligne.
Grâce à un système breveté de lance chaîne, l’Ergopack Xpert d’HMI-MBS cercle les palettes sans que l’opérateur ait besoin de circuler autour de celles-ci.
Comme ABB, Omron ou bien Kuka, Still présente une gamme de robots mobiles autonomes (AMR) pour optimiser les flux logistiques. Avec l’AXV 12 iGo, Still souhaite rendre l’automatisation accessible à tous types de structures. Le gerbeur automatique transporte des charges pouvant aller jusqu’à 1 200 kg, qu’il monte à une hauteur maximale de 1 780 mm. Sa compacité lui confère l’accès à des allées de 2 480 mm de large. Le robot atteint une vitesse maximale de 7,2 km/h, ce qui accélère les flux même sur les transferts de longue distance.
Le déhoussage de palettes fait aussi parti des tâches à faible valeur ajoutée. Pour optimiser cette étape du process, MSK Emballage propose une solution de dépalettisation automatique. En amont de la ligne de remplissage, la déhousseuse MSK Defotech optimise la préparation des contenants vides. L’équipement est capable de déballer jusqu’à 60 palettes houssées ou banderolées.
Une anticipation de la REP emballages professionnels
Avec une Responsabilité Elargie du Producteur (REP) emballages professionnels en cours de finalisation, les solutions logistiques circulaires se multiplient pour anticiper la législation et optimiser les coûts de transport. Pandobac, Gamma-Wopla et Sumooak mettent en avant une gamme de caisse logistique réemployable. Avec deux millions de rotations réalisées depuis ses débuts, Pandobac a déjà évité 400 tonnes de déchets et 1 180 tonnes éq. CO2 en intégrant des caisses réemployables dans les lignes de production ou entrepôts automatisés. Présent au village du Réemploi, le fabricant d’emballages logistiques exposera son modèle d’automatisation et de traçabilité unitaire avec le cas concret d’Altho Brets, acteur référent de la chips en France. Les deux structures préparent un déploiement à grande échelle de caisses réemployables dans des lignes 100 % automatisées. Quant à Gamma-Wopla, l’entreprise s’impose aussi comme l’un des principaux faiseurs d’emballages logistiques circulaires, avec une collaboration avec de grands groupes de la protéine animale comme Bigard, ou plus récemment Accro dans le monde du végétal. L’entreprise belge lance une version compacte de sa caisse BD Box. De dimensions 300 x 200 et d’un poids de 620 grammes, l’emballage ergonomique s’intègre facilement dans la fin de ligne. Son couvercle intégré garantit la sécurité des produits durant le transport et son fond lisse assure une stabilité du bac.
Le nouveau palox de Sumooak est de 692 litres économise 12 kg de plastique par rapport à la version précédente, avec la même capacité de charge (600 kg)
Quant à Sumooak, le spécialiste des emballages réutilisables en plastique, développe sa gamme Eco-Palox, qui allie éco-conception avec un travail sur la réduction du poids, « sans sacrifier la solidité de la caisse-palette », selon le fournisseur. La nouveau palox est une version étanche de 692 litres, soit un format 1200x1000x785 mm, qui contribue à économiser 12 kg de plastique pour chaque unité. En plus d’une économie de matière, le modèle conserve sa solidité avec une capacité de 600 kg en retournement.
Au-delà des bacs réemployables, des entreprises innovent sur les palettes plastiques réutilisables comme alternatives à la palette bois. Smart-Flow (entreprise consœur de Gamma-Wopla) lance la palette SF800 EUR, entièrement conforme à la palette agréée EPAL (Euro Palette). De 11 à 15 kg selon les versions, la palette plastique est plus légère et donc plus facilement manipulable que la solution en bois pesant 25 kg. Selon le fabricant, ce modèle se distingue par la garantie d’un poids et de dimensions constantes, comparée à la matière bois qui fluctue en fonction de l’environnement (humidité, froid, etc.).
Backlandpack combine plusieurs technologies sur l’IBM Smart Green Pallet pour digitaliser les données de la chaîne d’approvisionnement.
Avec l’IBM Smart Green Pallet, Backlandpack propose aussi une palette plastique circulaire. Le fabricant combine plusieurs technologies sur l’IBM Smart Green Pallet pour digitaliser les données de la chaîne d’approvisionnement. Un capteur IoT installé sous le plateau contribue à détecter les épisodes de non-qualité (lieu, température et choc) durant la boucle logistique. Grâce à une base de données en blockchain, le fournisseur garantit la production de preuves en cas de litiges. Par l’intermédiaire d’une plateforme cloud, l’entreprise est capable de piloter en temps réel son parc de palettes. Couplé à de l’intelligence artificielle, le logiciel optimise en direct la gestion des stocks et des flux de palettes.