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Microbiologie

Surveillance de la listériose en France : une hausse continue des cas

Le dernier bulletin de Santé publique France met en évidence une augmentation inédite de la listériose depuis 2021. L’évolution concerne surtout les formes invasives, en lien avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.
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  • Auteur : Stéphanie Perraut
Crédit : CrazyCloud - stock.adobe.com

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Selon le bulletin de surveillance de la listériose publié le 19 septembre par Santé publique France pour la période 1999-2024, 619 cas ont été notifiés en France en 2024, soit une incidence de 9 cas par million d’habitants. Ce nombre est en forte hausse par rapport aux deux décennies précédentes, où les cas annuels variaient entre 188 et 414. La tendance à la hausse est également observée dans de nombreux autres pays européens, avec des incidences comparables enregistrées en Belgique (8,9 cas par million d’habitants), en Espagne (9,2), en Allemagne (7,9) ou en Suède (12).

Des incidences en hausse dans plusieurs pays d’Europe

La surveillance épidémiologique et microbiologique sur le territoire national repose sur la déclaration obligatoire instaurée en 1998. Santé publique France centralise les données cliniques, tandis que le Centre national de référence (CNR) des Listeria, à l’Institut Pasteur, assure la caractérisation microbiologique des souches. Depuis 2015, le typage génomique par cgMLST (core genome Multilocus Sequence Typing) est utilisé en routine pour détecter des cas groupés. Des enquêtes alimentaires, ainsi que des prélèvements alimentaires et environnementaux, complètent ce dispositif.

Près de 9 malades sur 10 présentent des comorbidités

Les données récentes indiquent une nette augmentation des formes bactériémiques et, dans une moindre mesure, des autres formes invasives non materno-néonatales. Les cas en cours de grossesse restent stables, à moins de 50 par an. En 2024, 45 % des cas concernaient des femmes et l’âge médian était de 76 ans. Près de 9 malades sur 10 présentaient au moins une comorbidité. Autre résultat marquant, l’incidence augmente fortement avec l’âge : 87 cas par million chez les plus de 90 ans contre 2,3 chez les moins de 60 ans.

Au niveau régional, les incidences les plus élevées sur la période 2021-2024 se trouvent en Bretagne, Normandie et Corse, sans que Santé publique France n’explique ce phénomène.

Par ailleurs, la mortalité des formes invasives reste élevée, estimée entre 20 et 30 %.

700 clusters investigués depuis 2015

Depuis l’utilisation en routine du séquençage, près de 700 clusters génomiques ont été investigués. L’immense majorité d’entre eux était de petite taille, avec une médiane de deux cas par cluster. Le nombre d’identifications chaque année est resté globalement stable, et environ un cas sur deux intègre un cluster génomique identifié par le CNR.

Une source de contamination a pu être confirmée pour 116 d’entre eux, soit 16 %. Les principales étaient des fromages et autres produits laitiers (44 %), des produits de charcuterie (26 %), des plats cuisinés (8 %), des environnements de cuisines centrales (8 %), des environnements de charcuteries (7 %), des poissons fumés (3 %) et une origine nosocomiale pour 2 %. 

Des alertes qui portent souvent sur des contaminations faibles

Dans les discussions qui concluent le bulletin, Santé publique France affirme que la hausse ne résulte pas de biais diagnostiques ni d’une recrudescence d’épidémies. Les alertes alimentaires n’indiquent pas non plus une augmentation notable et portent le plus souvent sur des contaminations faibles, généralement inférieures à 10 unités formant colonie par gramme ou inférieures ou égales à 100 unités formant colonie par gramme, ou encore sur la simple détection de la présence de Listeria monocytogenes dans un produit ou dans son environnement. Selon Santé publique France, les tendances observées s’expliquent surtout par le vieillissement de la population et par l’augmentation des maladies chroniques, qui accroissent la vulnérabilité face au pathogène.

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