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Conception hygiénique : la certification EHEDG évolue en 2018

S. Perraut |  10 Avril 2017 | 

«Des modifications sont prévues dans la procédure d'accréditation à compter de 2018. L'idée est de se rapprocher des procédures de la certification américaine 3A», annonce Nicolas Rossi, expert EHEDG et responsable des projets procédés et hygiéniques des équipements au sein du centre technique Actalia, qui accueillera la prochaine formation certifiante de l’EHEDG à la conception hygiénique.

De plus en plus de constructeurs adhèrent à l'association EHEDG France, section régionale de l'European Hygienic Engineering and Design Group, organisation qui émet des préconisations et assure la validation des conceptions hygiéniques des équipements. «En 2016, nous avons passé le cap des 100 adhérents. Ce qui fait de nous la seconde section régionale, après l'Allemagne», s'est réjouit Erwan Billet, son président. Réunie en assemblée générale ce vendredi 7 avril, l'association française témoigne d'un beau dynamisme, qui se manifeste aussi dans le récent succès de la première édition du prix de la conception hygiénique, remis le 8 mars dernier à la société Liftvrac à l'occasion du salon Cfia 2017 à Rennes (Lire Avril 2017, p 57). «Ce prix a réellement boosté les entreprises sur la thématique de la conception hygiénique. Nous avons reçu une dizaine de candidatures avec des projets passionnants», observe Erwan Billet. Pour l'industriel agroalimentaire, les bénéfices des équipements certifiés se situent du côté de la facilité de nettoyage mais aussi de la durabilité de l'installation, du fait de la réduction des intrants chimiques et énergétiques liés à la désinfection.

Se rapprocher des procédures de la certification 3A

Summum de la démarche, la certification atteste la conformité de l'équipement aux préconisations émises par l'EHEDG. Elle est délivrée en France par Actalia, basé à Saint-Lô dans la Manche. Accrédité depuis 2013, le centre technique multifilière est le sixième certificateur dans le monde. Depuis son accréditation il a émis huit certificats sur les 450 établis à l'échelle mondiale, majoritairement pour des pompes, des vannes, des raccords et des capteurs. «Des modifications sont prévues dans la procédure d'accréditation à compter de 2018. L'idée est de se rapprocher des procédures de la certification américaine 3A», annonce Nicolas Rossi, expert EHEDG et responsable des projets procédés et hygiéniques des équipements chez Actalia. Ces évolutions se focalisent sur trois aspects :

  • L'annulation à fin 2017 des certificats émis avant 2008. Il s'agit là d'une mise à jour plus ou moins forcée dans la mesure où les procédures de test ont changé deux fois depuis 2008. Pour l'heure, il existe deux modes de certification, avec ou sans test, la première étant privilégiée si le test est défini pour l'équipement en question et si ce dernier le permet. C'est l'une des divergences majeures entre EHEDG et 3A, qui se base sur une validation sur papier du respect des préconisations.
  • Le passage à une certification à durée déterminée. Elle sera réémise tous les ans et réévaluée en profondeur au bout de cinq ans. Les équipements bénéficiant d'une certification EHEDG sont recensés sur le site anglophone, dans la section Certified Equipment.
  • Les frais de certification vont augmenter mais il sera possible pour le constructeur d'agréger plusieurs équipements similaires. La similarité en question sera soumise à la validation du certificateur sur la base de critères en lien avec les rapports d'échelle ou encore la dynamique des fluides. Par exemple, deux pompes de même technologie ne pourront pas être jugées similaires si la cinétique ou le régime des fluides à l'intérieur est différente.

A noter également que la prochaine session de formation certifiante à la conception hygiénique se tiendra dans les locaux d'Actalia à Saint-Lô du 19 au 21 avril prochains.