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Contaminations en Europe : les salmonelles et le fipronil en tête

Marjolaine Cérou |  1 Octobre 2018 | 

Dans son dernier rapport, le RASFF a enregistré une augmentation des alertes sur les ingrédients à risque pour l’année 2017 (+ 11%). Les salmonelles et les résidus de pesticides dont le fipronil sont en tête des notifications les plus recensées. Pour rappel, une utilisation illégale du pesticide a conduit lors de l'été 2017 à une série de rappels suite à la contamination d'oeufs et d'ovoproduits. Crédit : Fotolia.

Le réseau d’alerte européen, RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed), qui identifie et signale les matrices et ingrédients à risque, a publié son rapport d’activité pour l’année 2017. Au total, 3 832 notifications ont été transmises l’an dernier (contre 2 993 en 2016), parmi lesquels 942 alertes (+ 11 % versus 2016).


Les pathogènes et les résidus de pesticides figurent en tête des notifications les plus recensées au sein des États-membres. Salmonella en particulier est le pathogène le plus fréquemment reporté (207 notifications, soit + 22 % par rapport à l’année précédente). Si l’on regarde de plus près les sérotypes, S. Enteritidis est le plus couramment retrouvé. Ce qui est en partie lié aux contaminations survenues dans les viandes et dans les œufs polonais, épidémie qui a touché une partie de l’Europe dont la France en 2017. S. agona arrive en seconde position suite à la contamination des laits infantiles Lactalis en fin d’année 2017. Le pathogène est également en tête des notifications pour les pays hors Union et détrône ainsi les mycotoxines. Cela s’explique par les contaminations de viandes de poulet importées du Brésil (320 notifications) ou de graines de sésame en provenance d’Inde, du Soudan et du Nigeria (respectivement 18, 17 et 12 notifications).

Listeria est le second pathogène le plus signalé. Sa présence a majoritairement été détectée dans les poissons (truite et saumon fumé), ainsi que dans les fromages au lait cru et les légumes. Prenons l’exemple de la contamination survenue dans les maïs et légumes surgelés sur un site de Greenyard en Hongrie.

Après les pathogènes, les résidus de pesticides arrivent en deuxième position des notifications les plus fréquemment remontées dans les États-membres. Une conséquence de l’utilisation illégale du fipronil dans les œufs et ovoproduits, qui a défrayé la chronique lors de l’été 2017 (lire Octobre 2017, p 8 1). Au total, pas moins de 109 notifications et 719 notifications de suivi ont été recensées.

Les métaux lourds (122 notifications), et notamment la présence de mercure dans les poissons, ainsi que les allergènes (114) qui font également partie des notifications les plus signalées à l’échelle des États-membres. Celles-ci concernent principalement la présence de lait, de gluten, de soja et de fruits secs dans les produits céréaliers et de panification.

Concernant les fraudes alimentaires, le rapport du RASFF mentionne aussi l’ajout d’extraits de végétaux en provenance des États-Unis dans du thon, signalés par l’Espagne, dans l’optique de renforcer la couleur du poisson. Ces informations ont été transmises au réseau Food Fraud.

Le rapport est disponible dans son intégralité sur le site du RASFF .